2017 : nos thèses pour l'Évangile
Des questions ?

Le mot « carême » vient du nombre quarante. En effet, il désigne une période de quarante jours qui va du mercredi des Cendres à la veille des Rameaux. Ces quarante jours précèdent la Semaine sainte - semaine qui marque l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem (les Rameaux), le dernier repas, au cours duquel il institue la Cène (Jeudi saint), l'arrestation, le procès et la mise à mort de Jésus (Vendredi saint), et enfin le dimanche de Pâques, qui célèbre la résurrection du Christ. Notons que le lundi de Pâques, quant à lui, n'a guère de signification religieuse.

Dans tous les temples de l'Église protestante unie, vous trouverez un petit livret à anneaux intitulé : « 2017, nos thèses pour l'Évangile. 40 semaines pour cheminer. » Nous en avons encore en abondance à Auteuil, n'hésitez pas à vous servir.

Il s'agit donc de ce qu'on a appelé le semainier : chaque semaine depuis le début de l'année, une question est posée à partir d'une affirmation de foi traditionnelle. Comment la comprenons-nous aujourd'hui ? La démarche commence donc essentiel-lement par le questionnement. Elle est une invitation au débat, comme l'annonce l'éditorial du président de l'Église publié sur le site internet dédié au processus : www.theses2017.fr. Vous y retrouvez également la question de chaque semaine.

Nous le reproduisons ici, de manière à ce que chacun puisse se faire une idée du processus qui est lancé au sein de l'Église protestante unie.

Vers 2017. Quelles sont nos « thèses » pour l'Evangile aujourd'hui ?

Une porte qui s'ouvre, c'est une occasion de rencontres nouvelles qui est donnée. L'année 2017 est une de ces portes. Elle est une chance à saisir pour notre Eglise protestante unie, qui s'est constituée afin de mieux répondre à sa vocation d'annonce de l'Evangile.

Dans une société où le religieux est devenu si mouvant et insaisissable (ignorance croissante, raidissements identitaires, confusions, mais aussi aspirations réelles et quêtes intenses), notre Eglise est engagée dans une mutation. Naguère « petit troupeau » qui se serrait les coudes et cultivait l'entre soi, elle sait qu'il lui faut être, de manière renouvelée et plus audacieuse, Eglise de témoins, Eglise attestataire.

En 1517, Luther avait affiché ses fameuses « 95 thèses ». A l'occasion des 500 ans de cet acte fondateur, plutôt que de célébrer un Age d'or supposé, inspirons-nous de son geste : Pour nous, que signifie faire confiance à Jésus-Christ ? Comment vivre et dire son Evangile ? Que change t-il dans notre rencontre avec les autres et avec nous-mêmes ? En quoi donne-t-il son sel, sa lumière, son sens, à notre vie personnelle et commune ? Convaincus et hésitants, vieux parpaillots et nouveaux venus, anciens et jeunes, nous sommes tous appelés à répondre, chacun et ensemble. Nous sommes tous appelés à entrer, de 2014 à 2017, dans cette dynamique de réflexion, d'échange et de partage, dans laquelle notre Eglise a décidé de s'engager.

Avec confiance.
Laurent SCHLUMBERGER
pasteur, président du Conseil national de l'Eglise protestante unie de France

Vers une déclaration de foi de l'Église protestante unie

Lors de la succession de Synodes et Assemblées locales qui ont abouti à la mise en place de l'Église protestante unie, certains se sont étonnés que l'on ne se mette pas d'accord, au préalable, sur une déclaration de foi commune aux luthériens et aux réformés qui s'unissaient. D'autres on affirmé qu'il appartenait au contraire aux membres et aux instances de la nouvelle Église ainsi créée de se mettre au travail ensemble, pour que la déclaration puisse être reçue comme un fruit de l'union et non comme une condition préalable.

Entretemps, la perspective du cinq centième anniversaire de la Réformation, en 2017 - du moment, devenu symbolique, de la publication de 95 thèses par Luther -, a été saisie, au sein de l'Église protestante unie, comme un moment favorable pour mettre en ouvre une démarche ambitieuse et significative du fonctionnement participatif de notre Église.

2014 est l'année de lancement. Elle est rythmée par le semainier et culminera lors d'une journée nationale décentralisée, qui sera un temps d'échange et de mise en commun. Pour nous à Auteuil, elle prendra la forme d'une rencontre consistoriale à Versailles, chez les sours diaconesses, samedi 11 octobre. Le programme vous en sera communiqué à la rentrée.

2015 sera consacrée à la réflexion et au débat. Un « livre blanc en ligne » permettra de prendre connaissance par internet des grandes questions qui seront apparues dans les diverses régions de notre Église.

2016 verra l'élaboration de la déclaration de foi.

2017 donnera au Synode national la responsabilité, qui lui incombe, d'adopter la nouvelle déclaration. Ce sera dès lors le temps de l'affichage et du témoignage. A notre tour, en Église et individuellement, nous serons appelés à nous en approprier le message, comme une expression contemporaine de la foi chrétienne d'un point de vue protestant.

En tant que protestants, nous ne saurions nous complaire dans la célébration d'un lointain passé. Au plan international, un important travail de relecture de l'héritage de la réforme a été entrepris. Des approches ocuméniques ont été privilégiées. Est à souligner en particulier la publication commune, par la Fédération luthérienne mondiale et l'Église catholique romaine, d'un texte sur l'apport de la Réforme, qui s'intitule : « du conflit à la communion ». Nous reviendrons sur ce texte majeur dans un prochain numéro du journal.

Pour l'heure, savourons, durant l'été, les questions qui nous sont posées. Elles alternent entre formulation de foi et problématiques humaines, entre les mots que nous utilisons pour parler de Celui en qui nous plaçons notre confiance, et ceux que nous privilégions pour parler de notre cadre vie quotidien, de notre monde. En voici trois à titre d'exemple, presque au hasard : « L'Église protestante est-elle aussi catholique ? » - « Qui a peur de la vieillesse ? » - « Y a-t-il plusieurs Dieux(x) unique(s) ? »

A vous la parole.

Pasteur Nicolas COCHAND
Été 2014


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