Adieu au pasteur
Marc de Bonnechose

Culte d'adieu le dimanche 20 juin 2004

Marc de Bonnechose, pour moi, c'est une très longue histoire qui a commencé à Evolène, petite station du Valais, en Suisse : une charmante petite tête blonde dépassant d'un sac de montagne, sur le dos de Bénédicte sa mère. Nous avions un avenir en commun mais nous ne le savions pas encore. Puis, ce fut le synode à Annecy, en 1992, où nous nous sommes retrouvés pour envisager un ministère à Auteuil.

Le pasteur Roger Bösiger avait ramené la paix dans notre communauté. Il fallait un homme jeune pour assurer une reconstruction et un nouveau développement. L'esprit nous a inspirés. Le hasard nous a servis. Car vous êtes arrivé ici tout neuf avec comme seule influence une éducation familiale, le scoutisme, l'Université, la Faculté de théologie, la Société des écoles du Dimanche et cet accompagnement des origines a été fécond.

D'abord vous avez été un redoutable bricoleur, prince du tournevis et roi de l'égoïne, nous évitant le recours trop fréquent aux artisans et donc économisant nos deniers toujours fragiles, et nous enrichissant par cette polyvalence et cette modernité.

Mais vous avez aussi su répondre à notre demande théologique et nous avons pu constater chez vous l'homme neuf, la rapidité de l'adaptation et du progrès, tant pour la prédication, que pour le catéchisme et l'étude biblique. Vous étiez en face d'une communauté qui avait été divisée, une paroisse de multitude aux sensibilités diverses. Vous avez su la rassembler en étant le grand témoin de la parole de Dieu. Vous avez rencontré ici toutes les détresses morales, psychologiques et aussi matérielles. Vous avez su y répondre en homme de foi, de visites, de dialogue, serviteur infatigable de la parole de Dieu. Car vous avez été un vrai serviteur, ministre de la Parole, ministre de la communion et de l'unité de l'Eglise, et surtout ministre de l'Autre.

Un pasteur, avez vous confié au conseil presbytéral, se doit d'être avant tout serviteur de l'autre, cachant ses soucis et oubliant ses ambitions personnelles. " Non pas ma volonté, Seigneur, mais la tienne " nous rappelle le Christ au début de sa Passion. Vous avez été à Auteuil le grand témoin de l'Ecriture, cette parole de grâce et de salut qui nous dit aujourd'hui le bouleversement de notre histoire par l'Evangile du Christ, cette lumière qui ne s'éteindra dans aucune nuit d'aucun temps.

Aussi, pour vous dire notre reconnaissance pour ce que vous avez fait ici, pour ce charisme et cette authenticité que ne desservaient pas un certain charme et une élégance discrète, nous allons vous remettre une enveloppe qui, nous l'espérons, vous aidera à satisfaire plus encore votre boulimie informatique.

Nous sommes très nombreux à regretter votre départ. Mais nous nous sommes fait un devoir de ne pas vous retenir, vous laissant aller en d'autres lieux répéter le ministère que vous avez exercé ici et dont nous avons profité.

Nous ne sommes pas tristes car nous savons qu'avec votre épouse Bénédicte vous laisserez à Auteuil une partie de votre cœur. Quatre de vos enfants y sont nés, y ont été baptisés. Onze années de vie commune ! Votre famille fait maintenant partie de la grande famille d'Auteuil. Que ce lien aujourd'hui évident nous rassure, nous n'oublierons jamais cette parenté.

Allocution de Philippe DERVIEUX, Président du Conseil Presbytéral


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