La catéchèse

Mettre en résonance l’Evangile avec la vie

En cette fin du mois de novembre, nous étions quelques parents, catéchètes et paroissiens réunis pour parler de l’éducation religieuse des enfants. Avant un verre de l’amitié fort sympathique, la conversation roula bon train autour de la manière dont se pratique la catéchèse dans notre paroisse. Le pasteur rappela d’abord que le mot " catéchèse " signifie en grec " faire résonner ", ce que l’on peut interpréter en disant : mettre en résonance. La catéchèse, c’est mettre en résonance l’Evangile avec la vie. Ni cours de Bible, ni cours de religion, ni apprentissage d’une morale, la catéchèse a d’autres ambitions : permettre aux enfants à long terme de vivre les grands choix de la vie comme des choix spirituels.

Durant cette réunion, il a été rappelé qu’une catéchèse protestante était avant tout biblique et exclusivement biblique. Inutile de tout savoir sur la Bible, de tout réciter, l’important est que les grandes figures bibliques soient familières, que l’on sache où et quoi chercher dans le livre, que l’on ait quelques repères dans son histoire et ses mots. Ce qui est important aussi, c’est que les jeunes aient fait l’expérience que l’Evangile, ça compte là où ils sont et dans tous les domaines de la vie. En effet, la religion, ce n’est pas seulement le dimanche ou les jours de fête.

Cette dimension biblique de la catéchèse protestante devrait rassurer les couples " mixtes " (dont l’un des conjoints est d’une autre confession chrétienne). En effet, la Bible est ce qui rassemble les confessions chrétiennes, même si quelques fois elles n’ont pas tout à fait la même interprétation des textes.

Il a aussi été dit que la catéchèse n’est pas seulement l’affaire des jeunes et des catéchètes ou du pasteur. Elle est l’affaire de toute la communauté : parents, enfants, grands-parents et conseillers presbytéraux. Toujours dans cet ordre d’idée, elle ne peut se réduire à un âge particulier parce que le croyant est toujours appelé à se former (il y a des études bibliques par exemple) et à témoigner de sa foi.

Chacun a pu ensuite s’exprimer sur ce qui lui tenait à cœur. Les avis étaient quelques fois partagés. Est ressortie par exemple la question de la Confirmation. On le sait, et ce n’est pas nouveau, la véritable signification théologique de la Confirmation pose problème et donne lieu à des hésitations dont certaines sont bien sensibles tant sur le plan spirituel que sur le plan catéchétique. Quand faut-il confirmer ? Dans quel cadre liturgique ? La confirmation a t-elle encore sa place dans notre vie d’Eglise ? Est-elle autre chose qu’une simple bénédiction donnée par imposition des mains ? Dans ce cas, quel est le sens véritable d’une telle imposition ? Que doit-on confirmer... le baptême ? L’alliance de son baptême ? Est-elle surtout une profession de foi ? Et si elle n’était que l’occasion d’un engagement explicite et public du catéchumène en fin de parcours catéchétique auquel l’Eglise répond par un encouragement sous la forme d’une bénédiction donnée au nom du Seigneur ?

Tous, nous sommes d’accord pour dire qu’il faut redonner du sens à ce moment important de la vie des jeunes, qu’il ne faut pas obliger un jeune à confirmer s’il n’est pas convaincu de la pertinence de la foi chrétienne. Tous ont ressenti aussi le besoin de vérifier la qualité d’engagement des jeunes de nos communautés.

Enfin, il était intéressant d’écouter le témoignage de parents et de grands parents sur l’éducation religieuse qu’ils ont donnée et les résultats de cette éducation. Car la catéchèse, c’est aussi et surtout une histoire de famille...

Pasteur Christian BARBERY


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