Le baptême, un chemin de vie

Faut-il baptiser ? Oui, car c'est un ordre du Seigneur ressuscité (Matthieu 28, 19), qui fait du baptême la marque par excellence de l'appartenance au Christ, l'acte unique qui engage celui qui le reçoit sur un chemin de vie.

Faut-il baptiser des enfants ? Cette question est évoquée dans l'article de Liliane Crété, je n'y reviens pas, sinon pour redire que l'Église protestante unie baptise des personnes de tout âge, et reconnaît le baptême pratiqué dans toutes les Églises chrétiennes, du moment qu'il est célébré au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Faut-il demander le baptême pour son propre enfant ? Sur la base de ce qui vient d'être dit, on comprend que la réponse est laissée à chacun.

Il est légitime, pour un croyant et pour l'Église, d'exprimer, par le baptême d'un tout-petit, que Dieu n'attend pas notre approbation pour nous envelopper de sa tendresse. Son amour est inconditionnel.

Il est tout aussi légitime, pour un parent et pour l'Église, d'attendre que l'enfant le demande lui-même. Dans ce cas, toutefois, la question demeure, quel que soit l'âge : est-ce le bon moment ? En réalité, il n'y en a pas ; ou plutôt, pour le dire de manière positive, c'est toujours le bon moment.

Faut-il demander le baptême pour soi ? Cela s'impose comme une évidence pour ceux qui en font la demande. La rencontre du Christ, la découverte de la foi, le désir d'appartenir à la communauté de ses disciples conduisent à demander le baptême. Pour d'autres, c'est un parcours d'hésitation, car demander le baptême, c'est franchir le pas du « grand plongeon », de l'engagement fondamental de se placer sous la grâce divine reçue en Christ.

Le baptême est un acte unique, non renouvelable. Qu'il ait eu lieu à un moment choisi par nos parents ou par nous même en dialogue avec l'Église locale et le pasteur, il peut être un point d'ancrage sur le parcours varié, complexe, parfois sinueux, qu'est notre chemin de foi et de vie. La réalité spirituelle commune instaurée par le baptême prend des formes diverses, qui sont autant de facettes de la vocation chrétienne. Il y a de nombreuses manières de vivre et d'exprimer ce que l'on croit et ce dont on doute, ce que l'on désire et ce que l'on rejette.

Il peut arriver qu'on éprouve le besoin de marquer une étape, un moment important de sa vie spirituelle par un acte qui soit en lien avec le baptême. Ce peut être une confirmation, ou une autre manière de dire sa foi publiquement.

Pour manifester son enracinement en Christ, le lieu par excellence, au cour du culte chrétien, est l'écoute de la parole et le partage du pain. Prier, chanter, écouter, confesser sa foi, donner, sont des actes communautaires par lesquels chacun peut, à sa façon, se référer à son propre baptême.

La Sainte Cène, en particulier, résume et concrétise le fondement de la foi chrétienne. Se lever, venir dans le cercle, recevoir le pain et la coupe, les prendre pour soi, c'est à chaque fois redire et recevoir le « oui » de Dieu sur notre vie.

Il est bon de prendre le temps de redécouvrir le baptême comme une porte ouverte sur la vie. C'est ce que nous vous proposons de faire, de l'Épiphanie aux Rameaux, en un parcours en trois cultes et dix rencontres, inspiré d'un programme publié par l'Église protestante unie de France.

Pasteur Nicolas COCHAND


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