Découvrir le sens du culte protestant

Pourquoi venir au culte le dimanche, ou ne pas y venir ?

Chacun a sa réponse sans doute. Pour les uns, c’est la joie des retrouvailles communautaires, pour les autres c’est l’écoute de la Parole de Dieu à travers la méditation des récits bibliques, pour d’autres encore, c’est la liturgie qui est au centre, la musique, les cantiques, la cène...

Les raisons pour lesquels certains ne viennent pas au culte sont tout aussi nombreuses : manque de temps, volonté de rester en famille ou de partir en week-end. Peut-être aussi est-ce une crise de confiance par rapport à ce que représente le culte : trop long, trop liturgique, langage abstrait, cantiques vieillots...

Tant de questions que seul chacun d’entre nous est à même d’élucider pour lui-même d’abord, puis pour l’Eglise ensuite. Cette question est capitale car il s’agit de l’Eglise d’aujourd’hui et de demain. C’est pourquoi nous vous proposons pendant quelques numéros des Nouvelles d’Auteuil de partir à la découverte du sens du culte protestant.

Je ne sais plus qui a dit : " le culte n’est pas le centre de notre vie chrétienne, mais il est au centre de notre vie chrétienne ". J’aime assez cette formulation car au lieu de présenter le culte comme le lieu de convergence obligatoire, elle l’inscrit plutôt comme le lieu et le moment d’un rayonnement qui irradie notre vie. Bref, le culte n’est pas obligatoire et en perspective protestante cela a toujours été rappelé : ce ne sont pas nos œuvres de piété qui donnent accès au salut mais la grâce de Dieu, disait Luther. Le culte n’est pas obligatoire, mais il est essentiel. Et ce pour des tas de raisons.

D’abord parce que nous y sommes invités. Les paroles d’accueil au début du culte rappellent que notre présence est la réponse à la Présence accueillante de Dieu : " C’est Lui qui nous accueille, rassemble, unit ".

Ensuite, le culte est nécessaire parce que c’est vital. Nous en avons besoin. Nous avons besoin dans notre vie trépidante d’avoir " une heure mise à part dans notre semaine " ; c’est pour cette heure gratuite que nous remercions Dieu au moment de l’Invocation. Nous avons besoin de faire silence et d’accueillir la Parole qui nous apprend qui nous sommes et qui est Dieu. Et nous en avons besoin non seulement pour nous-mêmes mais vis-à-vis de l’assemblée, dans notre prière, notre écoute et notre chant. Le culte ne peut être que communautaire.

Enfin, s’il est important de venir au culte, c’est aussi parce qu’il s’agit d’une culture. Une culture à dimension verticale et horizontale. Verticale dans le sens de la mémoire et de la transmission. Au culte, nous faisons mémoire de l’histoire de Dieu avec les hommes. Alors le culte est un apprentissage où la tradition, la répétition, l’imprégnation, jouent un grand rôle. Il est important de perpétuer les histoires de la Bible et de chanter les psaumes.

Mais le culte se vit aussi dans l’ici et le maintenant de notre monde. C’est sa culture horizontale. Alors le culte est le lieu de l’actualisation de la Parole. Il est le moment où ces très anciens récits bibliques doivent prendre sens dans l’aujourd’hui de notre vie. IL est le lieu où l’actualisation, la confrontation, la créativité, jouent un grand rôle. Nous ne sommes pas là en effet pour conserver seulement le " bon dépôt de la foi ". Ainsi, dire que le culte a une dimension culturelle, c’est souligner qu’il s’inscrit dans le monde et qu’il est célébré dans un esprit d’invitation à l’égard de tous nos contemporains quelques soient leur âge et leur origine.

L’enjeu est évidemment crucial pour les Eglises. C’est ce souci pédagogique en même temps qu’un besoin spirituel, qui est à l’origine de la grande affluence au temple d’Auteuil durant les cultes de décembre, tout particulièrement le culte préparé par les enfants de l’école biblique. Je ne vous cache pas ma profonde joie.

Pasteur Christian BARBERY


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