Qui est notre nouveau pasteur ?

Interview

Christian Barbéry, pourriez-vous vous présenter en quelques mots pour les lecteurs des Nouvelles d'Auteuil ?

J'ai 39 ans, je suis né à Neuilly-sur-Seine mais j'ai passé une grande partie de mon enfance en Moselle à Thionville où mon père a été pasteur dans l'Eglise Réformée d'Alsace-Lorraine. L'ERAL est d'ailleurs mon Eglise d'origine. Habitant l'Est de la France, il était normal pour moi de commencer mes études de théologie à la Faculté de Strasbourg. C'est là que j'ai soutenu un mémoire de maîtrise sur la vie et l'œuvre d'Henri Monnier qui était aussi mon arrière grand-père. Je m'inscris donc dans une lignée ! Cela dit, on ne devient pas pasteur de père en fils, je tiens beaucoup au mot de vocation. Pour moi, l'appel à devenir pasteur est arrivé au cous de mes études de théologie, au moment où je me suis " cogné le nez " (pour reprendre l'expression de Calvin) à la Bible. Je suis devenu pasteur par amour des textes - de l'Evangile particulièrement - et par amour des hommes (et des femmes bien sûr). J'ai aussi fait une année d'études à la Faculté de théologie de Genève. Puis je suis retourné à Strasbourg terminer un DEA sur une autre grande figure du protestantisme, Suzanne de Dietrich.

Après une année de stage dans l'ERAL en Moselle, j'ai souhaité élargir mon horizon géographique et exercer mon ministère dans l'ERF. J'ai débuté ce ministère en Ariège, à Pamiers et Foix. Pendant cinq ans, j'ai sillonné les petites routes de ce beau département des Pyrénées. Ce fut une expérience particulièrement riche sur le plan humain et aussi sur le plan historique car l'Ariège est une terre riche d'un passé préhistorique, cathare et huguenot. J'ai ensuite quitté l'Ariège pour la région parisienne. J'ai été sept ans pasteur de l'Eglise Réformée de la vallée de Chevreuse, à Palaiseau. Ce fut une autre expérience, elle aussi riche en contacts en tous genres, particulièrement avec les autres Eglises chrétiennes mais aussi les milieux scientifiques : faculté d'Orsay, polytechnique, etc . Et me voici maintenant à Auteuil.

Pouvez-vous nous parler de votre famille ?

C'est en Ariège que j'ai rencontré Marie-Pierre qui allait devenir mon épouse. Nous nous sommes mariés dans le temple du Carla-Bayle, haut lieu du protestantisme, là où Jean Bayle, père du philosophe Pierre Bayle fut ministre du saint Evangile. Nous avons une petite Floriane âgée de deux ans et demi qui fait la joie de ses parents bien sûr.

Comment envisagez-vous votre ministère à Auteuil ?

Un pasteur est un " traducteur " dit le professeur Gagnebin. Je suis assez d'accord avec cette définition. La tâche du pasteur est celle de traduire l'évangile pour qu'il devienne justement " évangile ", " bonne nouvelle " pour tous. C'est donc un travail d'étude des textes mais aussi d'écoute des aspirations de nos contemporains. J'espère être cet homme d'écoute et d'étude pour le plus grand nombre.

Vous contribuez également à la vie régionale de l'Eglise Réformée, n'est-ce pas ?

Je suis membre de l'Equipe régionale œcuménique depuis quelques années. L'œcuménisme a toujours été une préoccupation. J'ai beaucoup reçu au contact de mes frères et sœurs d'autres confessions chrétiennes. Et j'espère qu'un vrai travail œcuménique pourra se poursuivre à Auteuil.

Une question un peu plus personnelle : quels sont les loisirs que vous affectionnez ?

L'Eglise n'est pas toute ma vie, même si elle occupe une grande partie de mon temps. En étant provocateur, je dirais que " trop d'Eglise tue l'Eglise " comme me disait un collègue. C'est vrai pour les laïcs comme pour les pasteurs. Il faut savoir se ressourcer. C'est sans doute une des difficultés du ministère pastoral. Où se ressourcer? Pour moi, c'est la lecture d'un livre, l'écoute d'un morceau de Bach, une promenade dans la nature ou dans les rues de Paris... un bon film au cinéma. Et bien sûr un moment en famille avec ma femme, ma fille, mes parents et mes frères et sœurs... Autant d'occasions de savourer la vie, d'expérimenter la grâce de Dieu.

Xavier RANSON


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