La Semaine Sainte

Il y a 2000 ans . . .

En dépit de l’assurance de la Résurrection, l’ombre de la trahison et d’une mort infamante précédée d’abominables souffrances, plane sur la dernière Pâques de Jésus.

On a donc peine à imaginer l’ambiance de fête et de liesse populaire qui règne à Jérusalem. La ville est en effervescence pendant sept jours, du 15 au 21 Nisan (autour du mois d’avril) ; les maisons sont éblouissantes, la maîtresse des lieux en a rangé et nettoyé les moindres recoins, car aucune trace de levain ou d’autre fermentation n’y doit subsister (Ex. 12,15). Il faut aussi recevoir parents et amis ; Jérusalem qui compte environ 50 000 habitants accueille 130 000 pèlerins qui viennent de partout, Babylone, Alexandrie, Rome … Tous les jours, on quitte les ruelles étroites pour se rendre à l’esplanade du Temple, immense promenade de 144 000 m2, le soir on festoie dans les cours et sur les terrasses.

Après la fête des azymes, voici le grand jour : on amène l’agneau au prêtre qui égorge l’agneau dans les abattoirs attenants au Sanctuaire et asperge l’autel de son sang, puis on le rôtit chez soi. Le soir, a lieu le repas, qui se déroule selon un rite immuable.

La maîtresse des lieux a déposé sur la table de fête des pains azymes et des mets symboliques rappelant les évènements du passé :
Un os grillé pour le sacrifice de l’agneau, un œuf cuit pour l’offrande festive de la veille, des herbes douces que l’on trempera dans de l’eau aussi salée que les larmes versées en Egypte, des herbes amères pour les souffrances de la servitude, enfin un mélange de pommes, de fruits secs, de cannelle et de vin pour les briques fabriquées par les esclaves hébreux.

Au début du repas, le père ou l’officiant prononce la bénédiction sur une première coupe de vin : " Béni sois-tu, Eternel notre Dieu qui as créé le fruit de la vigne ". Puis il partage le pain : " Voici le pain de misère que nos pères ont mangé en Egypte. Quiconque a faim, qu’il entre et vienne dîner avec nous ". L’agneau rôti est alors servi avec une autre coupe de vin ; on en boira deux de plus au cours du repas, tout en lisant le récit de la sortie d’Egypte ; le père prononcera d’autres bénédictions, commentera les Textes et répondra aux questions des enfants.

Le Hallel (chant des psaumes 113 à 118) termine le repas … et la porte restera ouverte aux pauvres pendant toute la nuit. Dans la chambre haute où se trouvent Jésus et ses disciples, comme dans beaucoup de maisons à Jérusalem, le rituel s’arrête là, mais ailleurs et de siècle en siècle, on dépose sur la table une dernière coupe de vin, à l’intention du prophète Elie, précurseur du Messie. Ceux-là attendent qu’il vienne, les autres qu’il revienne … Et beaucoup de Juifs pensent avec nous, que ce sera le même. Que Dieu tienne donc nos portes ouvertes et nos cœurs dans l’Espérance.

Jeanne CHAILLET


N.B. Je regrette d’avoir à résumer cette " étude biblique de fête " qui plus encore que celle du Shabbat, est inoubliable pour tous ceux qui ont eu la chance de la partager. Pour en savoir plus sur la Pâque juive, et sachant que le rituel s’est enrichi au cours des siècles, je conseille la lecture du Cahier Evangile : " les fêtes juives ". Mieux encore, on peut se procurer une Haggadah (récit) ; il en existe qui comportent une traduction française en regard des textes hébreux et araméens (ouvrages disponibles à la " Procure ").


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