Introduction sur le transhumanisme

proposée par
Florence COUPRIE, Jean-Luc WOLFENDER et Yves LE QUINTREC

Notre dernier cycle de conférences portait sur l'émergence de la nature humaine. Elle nous est apparue comme l'aboutissement d'une longue évolution. Pourquoi, dès lors, ne pas se demander si la nature humaine ne continuerait pas d'évoluer ?

Et voilà que progrès scientifiques et innovations techniques bouleversent cette perspective. Il ne s'agit plus seulement d'une lente évolution selon la nature ; ni de guérir l'homme et de le « réparer » de mieux en mieux. Est recherchée désormais une amélioration illimitée des facultés physiques et mentales de l'homme, par tous moyens possibles, chimiques, génétiques, mécaniques, numériques, notamment l'intelligence « artificielle » ; bref une manipulation techno-biologique qui, dépassant les limites de la nature, aboutirait, phase ultime, à une fusion de l'être humain avec l'ordinateur, le rendant tout-puissant après l'avoir soustrait au vieillissement et à la mort.

Tel serait le projet désigné par les mots de transhumanisme ou de post-humanisme, situé à l'intersection des Nanotechnologies, des Biotechnologies, des sciences de l'Information et des sciences Cognitives, convergence que l'on désigne par ces quatre lettres N B I C. En somme, un projet de dépassement des finitudes humaines. Ambition ou illusion et fantasme ?

Car, à l'évidence, il est fascinant de penser que l'on pourra peut-être un jour rendre la vue aux aveugles, supprimer la transmission des maladies génétiques, mais de telles réussites ne doivent pas masquer les risques d'un développement incontrôlé des NBIC.

Peut-on admettre qu'une mise en réseau généralisée des êtres humains les mette à la merci de n'importe quel pouvoir économique ou politique, ou qu'une partie de l'humanité, bardée de logiciels, mette en esclavage le reste de la population ?

Doit-on craindre l'évolution du robot vers un « être (?) » joignant l'affectivité à l'intelligence mais aussi capable d'affronter l'homme ?

Que dire enfin de « la mort de la mort » et de la perspective d'une vie sans fin dont on ne sait si elle serait paradisiaque ou cauchemardesque ?

Devant des perspectives aussi extrêmes, toutes ces questions seront posées au cours de notre cycle.


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