Choisir la confiance

Editorial de janvier-février 2016

Tout au long de l'Avent, comme chaque année, nous avons allumé les bougies de la couronne. Une d'abord, puis une de plus chaque dimanche jusqu'au 4e dimanche de l'Avent et à la veillée de Noël.

On attribue parfois des noms à ces bougies : foi, espérance, amour et patience, ou d'autres vertus chrétiennes. Cette année, j'ai choisi de leur donner un seul nom : la confiance. Dimanche après dimanche, nous avons symboliquement ranimé un peu plus la flamme de la confiance. Petites flammes à la fois vacillantes et lumineuses.

Tous, en effet, nous avions été ébranlés, en particulier par les événements de novembre. Beaucoup se posent en outre des questions sur l'avenir, du pays, de la planète, voire de l'Église.

L'acte chrétien, dans ce contexte, est d'autant plus significatif : choisir la confiance. La choisir, parce que précisément elle ne va pas de soi, elle n'est pas dans l'air du temps tourbillonnant, incertain.

Tel a été le slogan de notre Église protestante unie au moment de sa création, il y a trois ans : « choisir la confiance ». Il est encore plus d'actualité aujourd'hui.

Choisir la confiance, c'est choisir d'être « Église de témoins », qui est une autre manière de dire l'orientation de notre Église protestante unie. Dans ce mouvement, le moment est venu de trouver des mots pour dire la foi aujourd'hui. Tel est le sens du processus « vers une déclaration de foi », qui se déroule les prochains mois dans les Églises locales et jusqu'en 2017 au plan synodal. Vous trouverez plus loin le texte qui sert de base à notre réflexion, ainsi que le programme des rencontres qui y seront consacrées à Auteuil.

Choisir la confiance marque aussi la volonté de construire ensemble une maison fraternelle, accueillante et vivante. Le culte avec les enfants (voir les photos) a culminé, en guise de confession de foi, dans la construction d'une maison humaine, autour de la flamme de la confiance. Ensemble, les enfants ont manifesté, pour nous, le fait que c'est avec nous que Dieu a choisi de construire sa maison. Nous sommes ses témoins, en Église.

Construire notre maison sur le roc de la confiance, tel est le choix auquel le Christ nous invite. Certes, cela peut passer par des clarifications et des choix nécessaires.

Choisir la confiance ne revient pas à se voiler la face. C'est précisément lorsque cela ne va plus de soi qu'il est nécessaire de regarder la réalité en face, mais sans céder au fatalisme ou au catastrophisme. La confiance est une parole de responsabilité et d'avenir.

Pour notre Église, comme pour beaucoup de personnes, d'organisations et d'entreprises, l'année écoulée s'annonce mauvaise du point de vue financier. Choisir la confiance nous engage à renoncer à une lamentation sans fin sur un âge d'or révolu. Il en va de s'ouvrir à un avenir possible, qui consiste, pour une Église de la tradition réformée, à assumer sa mission d'annoncer l'Évangile dans la situation qui est la sienne.

La discussion du dîner de paroisse de novembre a permis de porter le regard sur l'avenir de la paroisse. Le Conseil presbytéral poursuit la réflexion, et la confiera à la nouvelle équipe qui sera nommée lors de l'Assemblée générale du 3 avril.

La fête de Noël rappelle chaque année le fait que Dieu a choisi de s'incarner pour se faire connaître et manifester sa grâce. De ce fait, notre mission, à notre tour, se déploie dans la réalité incarnée d'une Église locale qui prend en compte sa situation, sa taille et sa capacité réelle et non celle dont elle rêve ou dont elle est nostalgique.

Dieu continue de s'incarner, à travers nous. C'est une raison suffisante pour choisir la confiance !

Pasteur Nicolas COCHAND


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