En quête de la cité future

Editorial de février-mars 2012

« Nous n'avons pas ici-bas de cité permanente, nous sommes en quête de la cité future » (Hébreux, 13 : 14). Si j'emprunte à Paul ou à l'auteur anonyme de l'Épître aux Hébreux ce bref passage, en l'extrayant allègrement de son contexte, c'est parce que cette citation me semble refléter la situation de notre paroisse et le parcours qu'elle aura à suivre dans les tout prochains mois.

Nous qui sommes en tension permanente entre tradition et modernité, entre respect de l'héritage et adaptation au présent, entre ancrage sur les racines et appropriation de l'avenir, nous allons être particulièrement servis cette année et la suivante.

En effet, même si c'est plus beaucoup plus prosaïque que la Jérusalem Céleste, cause finale dernière et Graal de tout chrétien, nous sommes quand même appelés à s'ouvrir à un autre monde et à vivre une double rupture.

D'abord, l'intégration à la nouvelle alliance qui nous liera désormais à nos sours et frères luthériens au sein de l'Église Protestante Unie de France. Personne n'est pris en traître ni par surprise car ce rapprochement luthéro-réformé a été amorcé dès 2007 au synode national de Sochaux et, depuis, des consultations, des discussions et des échanges d'information ont eu lieu à tous les échelons, jusqu'au au niveau des églises locales. Mais les longues fiançailles vont donner lieu, dans un futur proche, à un (bon ?) mariage et le Oui fatidique suscite toujours quelque émotion.

La nouvelle Union sera consommée en mai 2013 lors de son premier synode prévu à Lyon. D'ici là, en mai de cette année, chacun des deux synodes nationaux va adopter les textes de référence (Constitution et règlement d'application, statuts des associations cultuelles, statuts des associations cultuelles à vocation régionale, statuts de l'union nationale), déjà pré-mâchés par les paroisses, les conseils presbytéraux et les synodes régionaux. Ensuite, entre septembre 2012 et mars 2013, paroisses, consistoires et régions mettront en ouvre la nouvelle organisation.

Sachant que réformés et luthériens avaient déjà en partage nombre d'aspects fondamentaux, le véritable enjeu de cette fusion sera le renforcement de la visibilité du protestantisme et de la portée de son témoignage. Pour notre paroisse, des aménagements seront opérés au plan juridique (adaptation des statuts, modification de la durée et du nombre des mandats des conseillers presbytéraux) et au plan institutionnel (insertion plus forte de la diaconie). Nos Assemblées Générales (l'ordinaire du 18 mars et l'extraordinaire du 25 novembre) s'attèleront à leur mise en ouvre.

Autre rupture que notre paroisse doit affronter, sans aucun lien avec la précédente : le changement de pasteur. Christian BARBÉRY, après 9 ans de bons et loyaux services dans notre paroisse, poursuivra son ministère dans une autre région et nous quittera fin juin. Bien que nous autres réformés soyons adeptes du sacerdoce universel, avec même une certaine pointe d'anticléricalisme, la rotation des pasteurs (doublée d'une éventuelle année de vacance) n'en constitue pas moins une épreuve redoutable.

Mais de même que les premiers judéo-chrétiens, nous sommes incités à faire preuve de détachement et de dépaysement. Armés de foi, de charité et d'espérance, sujets sur lesquels Barnabé, Apollos, Luc ou Paul ont aussi disserté avec les Hébreux et les Corinthiens et par la grâce du « grand pasteur des brebis » nous éviterons certainement toute dislocation et continuerons notre chemin vers la cité future.

Jaona RAVALOSON, président du Conseil presbytéral


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