Fumée blanche

Editorial de mars-avril 2013

Bien que le monde d'aujourd'hui ne soit pas pire (ni meilleur d'ailleurs) que celui d'hier, les études d'opinion réalisées par les instituts spécialisés et sondant l'âme des peuples notent une augmentation du taux d'anxiété et dressent un portrait sombre de l'état d'esprit ambiant. Le journal Réforme évoquait récemment l'une des causes de cette déprime. Il a, en effet, réfléchi sur la désillusion dont fait l'objet la notion de progrès, un concept qui a bercé d'euphorie nos sociétés depuis la révolution industrielle. Conclusion de notre hebdomadaire favori : « Un espoir déçu ». Et de poser cette question qui, pour être à la fois existentielle et transcendantale, n'en est pas moins à 100 Euros : « comment sortir de cette impasse où le passé ne peut plus être vécu, où le futur est inimaginable ? »(1).

Par ces temps glauques où on a l'impression d'être prisonnier des crises, du pessimisme et du doute, appelons l'espérance à la rescousse de l'espoir (déçu ou pas). Du balcon du 53 rue Erlanger, nous pouvons, donc, annoncer deux bonnes nouvelles.

La première est que nous avons un libérateur ! Il a été fait chair, il a habité parmi nous, il est mort sur la croix, ressuscité et élevé en gloire pour nous. Certains pourraient penser que c'est du réchauffé et un tuyau percé car cette information remonte à la nuit des temps. Sans doute. Mais la nouveauté de ce message ne tient pas à son âge mais à la permanence de sa force, de sa grâce et de sa vérité. C'est une révélation qui, transmise urbi et orbi et de génération en génération, exhale sa puissance, son intemporalité et sa récurrente actualité à ceux qui la reçoivent. Et comme disait Jean dans le prologue de son évangile « à ceux qui l'on reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu ». N'est-ce pas la signification de Pâques, la plus importante et la plus emblématique fête des chrétiens, que nous célébrons ces jours-ci et que je vous souhaite joyeuses et comblées de plénitudes. Alléluia !

L'avarice étant un vilain défaut et un péché capital, je m'empresse de partager une seconde nouvelle. Nous avons un pasteur ! Depuis le départ de Christian BARBÉRY, voire même bien avant, le Conseil presbytéral a été en quête d'un aussi auguste ministre pour prendre le relais au poste d'Auteuil. Comme le veulent la pratique et la conjonction des temps, nous aurons vécu une année de vacance pastorale. Mais notre patience, nos efforts et nos voux semblent couronner de succès car notre paroisse bénéficiera à partir du 1er juillet de l'arrivée du pasteur Nicolas COCHAND. Alléluia !

Les deux bonnes nouvelles sont liées en ce sens que la seconde conditionne la capacité de notre paroisse à diffuser et à répandre la première. En effet, c'est l'annonce de la libération de toutes les forces de mort par la résurrection du Christ Sauveur qui est la vocation principale de l'église. C'est ce que confirme le nouveau Conseil régional, élu ce 16 mars lors du synode de l'Eglise protestante unie de la région parisienne, lorsqu'il s'est donné comme axe de sa feuille de route : « Une église de témoins, attestataire, rayonnante et accueillante en Jésus-Christ ».

A notre modeste niveau paroissial assurant une desserte de quartier, un tel engagement ne peut être nôtre et risque de n'être que slogan, à moins de disposer des ressources théologiques, matérielles et humaines adéquates. Aussi nous ferons nous une joie d'accueillir le nouveau pasteur. Sans évidemment tout faire reposer sur lui. Car témoignage de la foi, affirmation de la résurrection, rayonnement de la parole et accueil en Jésus-Christ sont l'affaire de tous les fidèles. Chaque protestant, selon les propos avec ou sans équivoque de Nicolas BOILEAU, n'est-il pas un pape, Bible à la main ? Dont acte, fumée blanche à tout instant. Et à nouveau, Alléluia !

Jaona RAVALOSON
président du Conseil presbytéral


(1) « Haro sur le progrès » par Frédérick Casadesus, Réforme n°3504, 14 mars 2013


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