L’Église d’Auteuil a 107 ans !

Editorial de janvier-février 2006

Notre Eglise d’Auteuil a 107 ans. Son centenaire a été célébré en 1998, en même temps que le quatrième centenaire de l’Edit de Nantes. Notre église est née rue Boileau, dans une humble chapelle en bois, grâce au pasteur Osée Foulquier qui appartenait à l’ " oeuvre Evangélique Populaire de Paris Ouest et de Courbevoie ". Cette mission était constituée autour d’une communauté de petites gens, artisans, ouvriers, domestiques, qui était le lot commun d’Auteuil à cette époque. La chapelle de la rue Boileau fut abandonnée en 1930 pour une église construite rue Erlanger. Puis une opération immobilière vit apparaître l’immeuble d’aujourd’hui.

Du fait de l’évolution de la population du quartier, cette église continue à vivre avec dynamisme sa vocation évangélique. Le conseil presbytéral, en harmonie avec l’ecclésiologie qui inspire le ministère du pasteur Barbéry, conduit cette église en poursuivant sous des formes plus adaptées, l’œuvre entreprise par Osée Foulquier.

Nous avons redéfini notre projet d’église en voulant affirmer une conviction forte face à cette quête de sens qui est manifestée par beaucoup de personnes en recherche, en répondant au défi communautaire de la transmission de la foi et à celui de la visibilité de notre espace physique.

Et ce faisant, nous nous plaçons dans la droite ligne du projet régional tel que l’a défini le synode de Dourdan de novembre 2005 : " Par l’édification personnelle, rendre compte de Jésus Christ comme d’une parole donnant sens à la vie. Fortifier la communauté ecclésiale par le partage, l’écoute et le soutien. Et enfin, par la visibilité assurer le rayonnement de l’Eglise ".

Cette coïncidence entre notre projet et celui du synode régional n’est pas innocente. Il s’agit pour nous d’être en relation avec les institutions de l’Eglise Réformée de France, ce qui va dans le sens de notre désir de visibilité et dans celui d’une communion avec nos églises sœurs. Nos aspirations congrégationalistes me semblent devoir prendre en compte cette dimension.

Le culte demeure au centre de notre vie d’Eglise. Il doit être soutenu par l’étude biblique car le sens de la vie ne peut être trouvé que dans la parole de Dieu et son message libérateur. C’est là que ceux qui sont en recherche trouveront leur épanouissement par la grâce de Celui qui donne confiance, fait renaître une espérance vivante, et nous assure une vie nouvelle où nous pourrons tous connaître le bonté de Dieu.

La transmission communautaire n’est pas un acte didactique sur la base d’un catalogue ou d’un catéchisme dogmatique, mais une communion vivante où tout le peuple de l’église est rassemblé et vit au même rythme comme les montagnards dans leur cordée. Il y a dans ce comportement un sens aigu du partage, de l’entraide, le sentiment d’un destin commun et aucun rejet n’est accepté. Ainsi est-il inutile de se battre pour hâter un futur et une grâce de toute façon acquis. Il est important que l’église avance, mais sans recourir à la précipitation militante qui ouvre des blessures dans la communion des croyants et parfois tue. Le consensus à trouver conformément aux règles presbytéro-synodales est une condition nécessaire, sans exclure toutefois une action rapide menée avec discernement par une petite équipe.

En ce qui concerne la visibilité, on s’était jusque là contenté de communication interne (bulletin paroissial, livret de présentation …) ou externe (affichage, journal municipal…) mais on ne mettait pas en cause notre visibilité physique. Et pourtant, l’apparence extérieure est importante (bâtiment, caractère explicite des manifestations, clarté de l’expression sonore ou visuelle de notre foi) sans recourir pour autant à des procédés simplistes ou caricaturaux qui choqueraient notre discrétion légendaire.

C’est dans ce sens que nous devons aller à la suite du pasteur Osée Foulquier et de ceux qui l’ont suivi, en annonçant la Parole à Auteuil. Mars 2006 est dans notre église une période d’élections et de renouvellement des mandats. Que cette longue chaîne de serviteurs qui construisent l’Eglise à Auteuil depuis 1898 trouve des successeurs et que le Saint-Esprit renouvelle leur témoignage.

Philippe DERVIEUX, Président du conseil presbytéral


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