La joie de Pâques

Editorial d'avril-mai 2011

Le tombeau du Christ vide

Pourquoi des oeufs à Pâques ? Parce qu'un oeuf contient la vie.
Qu'est-ce que l'Évangile ? C'est étymologiquement la « bonne nouvelle ». Nouvelle de quoi ? Que Jésus est ressuscité ou « relevé ». « Il était mort, il est revenu à la vie » comme le fils prodigue (Luc 15). Il est passé de la mort à la vie. C'est pourquoi Pâque(s) est la fête du passage. Pâque des hébreux conduits à travers la mer rouge hors de l'esclavage d'Égypte (étymologiquement le pays des angoisses). Pâque de Jésus partageant le pain et le vin avec ses disciples la veille de sa mort. Pâque du troisième jour, du tombeau vide, de la résurrection de celui qu'un centurion romain a désigné comme « Vraiment cet homme était le fils de Dieu » (Marc 16). Pâque(s) plus de 2000 fois fêtée, répétée, réaffirmée par les chrétiens, foi transmise, multipliée et proclamée à l'échelle de l'humanité !

Mais prend-on jamais la mesure d'un tel mot. Croyons-nous au lieu et au temps du commencement ou recommencement, toujours possible ? Non sous la forme d'une réincarnation ou d'une immortalité de l'âme, mais le (re)commencement toujours promis dont il est question dans la résurrection.

Pâques = joie après le deuil. Rejaillissement après tarissement.

Retrouver le goût de la vie après l'avoir perdu : retrouver sa « saveur », son « sens ».

Découvrir en soi une sensibilité après qu'elle se fût perdue par trop de dépit, de douleur, de désillusion...

Savoir que notre cause n'est pas perdue, qu'il n'est jamais trop tard, que nos échecs, nos fautes, nos petitesses ne nous condamnent pas au point où nous serions privés définitivement de la lumière et de l'amour de Dieu.

Oui, au-delà de la frontière séparant le réparable de l'irréparable, se tient cette Présence qui s'est désignée lui-même comme Fils de l'homme. Que les fêtes de Pâques donnent à tous de partager cette joie présente, cette joie à venir !

Joyeuses Pâques

pasteur Christian BARBÉRY


retour