Le bon moment

Editorial de janvier-février 2014

Avec l'Épiphanie, le temps de Noël s'achève. Dans le calendrier liturgique, la période qui débute s'appelle tout simplement le temps ordinaire. Oubliée la magie de Noël, éteintes les lumières, jeté le sapin. Retour à la banalité quotidienne et aux choses sérieuses. J'aimerais toutefois revenir sur quelques éléments du récit de la Nativité en Luc 2, car il a la particularité de faire intervenir Dieu dans la banalité.

L'inouï - la naissance du Sauveur - se produit au cours d'une longue et fastidieuse démarche administrative : un recensement, qui, pour Joseph et son épouse, survient au plus mauvais moment, comme souvent ces obligations dévoreuses de temps qui nous tombent dessus quand on est le moins disponible. Qui espère rencontrer Dieu dans une file d'attente ?

Le divin s'annonce auprès des travailleurs les moins formés et les plus malodorants : des bergers qui vivent dans les champs. Qui s'attend à recevoir une parole d'espérance et de paix de gens insignifiants ?

L'inattendu se produit lorsqu'il n'y a pas de place pour lui. Tellement peu de place qu'on le relègue où il ne dérangera pas, en dehors de la salle commune, et qu'on le dépose dans une mangeoire. Qui s'attend, en effet, à ce que Dieu advienne dans nos espaces ordinaires ?

Quand Jésus vient au monde, ce n'est pas le bon moment, pas les bonnes personnes, pas la bonne place. Est-ce à dire que Dieu ferait bien d'attendre que ce soit le bon moment pour nous ?

Non, il n'attend pas que nous lui accordions la première place. Il n'attend pas que nous soyons tout à lui.

Dieu n'attend pas, il vient dans la banalité de notre quotidien.

Y a-t-il un bon moment pour accueillir Dieu ? Oui : maintenant. C'est toujours le bon moment. Pour le dire avec des mots empruntés à l'apôtre Paul, voici le moment favorable, voici le jour du salut.

Aujourd'hui, comme tous les jours, Dieu s'invite chez nous, dans l'ordinaire de notre vie.

Saurons-nous l'accueillir ?

Pasteur Nicolas COCHAND


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