Le Carême :
le retour à l’essentiel

Editorial de mars - avril 2008

L'Amour de Dieu

Depuis quelques jours, nous sommes entrés dans cette période liturgique du calendrier de l’Eglise que l’on appelle le carême (du latin quadragesima dies, le quarantième jour). En France, les médias parlent peu du carême (on parle plus du ramadan) et pourtant dans les pays orientaux le Grand carême est un temps important durant lequel on se prive non seulement de viandes, mais aussi de poissons, œufs, produits laitiers, vin… En Occident, ces quarante jours qui nous séparent de Pâques ont été vidés de leur sens spirituel et c’est bien dommage. Certes les protestants ont été très réservés pendant longtemps à la pratique du jeûne, en réaction à des excès catholiques et aussi par crainte de donner trop d’importance aux œuvres. Ils mettent toujours en avant que le salut de Dieu est gratuit et qu’il ne s’achète pas. Mais la question demeure : comment vivre le carême ? Comment donner une tonalité particulière à ces quarante jours ? Le jeûne, la pénitence, le deuil ? Je ne sais pas. Ceci dépend sans doute des sensibilités personnelles. Pour ma part, j’insisterai sur le retour à l’essentiel. Je crois que le carême est par excellence un temps de retour sur soi-même, un temps où l’on fait le point, où l’on jette un regard lucide sur soi, le monde et la condition humaine. C’est le temps du passage (de la mort à la vie = Pâques) qui prépare celui de l’arrivée. Et pour ce passage, pendant ce passage, nous prenons conscience que nous sommes des voyageurs sur cette terre et que peu de bagages nous sont réellement nécessaires. Il nous suffit de croire à la Parole de Dieu. Il nous suffit d’espérer, et l’avenir de Dieu viendra transformer notre présent ; il nous suffit d’accepter l’Amour qu’il nous porte et nous aimerons notre prochain comme Dieu l’aime.

Plus facile à dire qu’à faire, mais c’est le programme de toute une vie et nous avons toute la vie pour nous mettre à l’écoute de Jésus-Christ. D’ailleurs pendant ces quarante jours de carême, c’est peut-être, à chaque fois, toute notre vie qui est en jeu, toute notre vie qui est remise entre les mains de Dieu, afin que, avec nous, et malgré nous souvent, sa volonté s’accomplisse.

Alors, que vous jeûniez ou pas, bon temps de carême !

Christian BARBÉRY


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