La mort programmée de la communication téléphonique ?

Editorial de novembre 2019

parlez-vous les uns aux autres

On aurait pu régler telle question en deux minutes par téléphone, mais on envoie des liasses de SMS, (ou d'emails qui ont un coût écologique, et vont sombrer dans l'éternité numérique, prêts à ressurgir à tout moment -les paroles volent, les écrits restent...), sans le ton ni les réponses aux questions de l'autre, ce qui aurait permis de tout régler en quelques instants. Curieux cette époque qui ne se parle plus ! Qui écrit tout, même des choses insignifiantes, sur le même plan que les choses essentielles : un SMS pour un rendez-vous anodin, un SMS pour une rupture sentimentale. Une société de l'écrit, à l'encontre du mouvement initié par Celui qui fut la Parole incarnée, déjà crucifiée par les scribes de son temps... Jésus fut le seul homme connu dans le monde entier qui n'a jamais rien publié : il n'a écrit qu'une seule fois, mais sur le sable.

À Noël pourtant, Dieu nous a visités. Dans la fragilité d'un enfant né il y a 2000 ans, nous croyons que Dieu s'est approché de nous, de nos vies, de notre propre faiblesse. Nous croyons que cet enfant a bien grandi, ce n'est pas un message mièvre pour petits enfants avec sucre d'orge ; pas un petit enfant éternel bébé : la Parole qui a pris corps a grandi, Jésus est devenu charpentier, homme de contact, aux épaules larges, terrien bien incarné dans son travail manuel, dans cette façon unique de marcher au contact des autres. Jésus n'a même pas fait de conférence, à part le Sermon sur la Montagne. Il a marché avec les gens pour les écouter puis leur répondre à l'oreille.

Jésus nous a appris à poser les pieds sur terre, à vivre en amitié avec les autres, à veiller sur nos mots et sur nos gestes, qui parfois blessent au lieu de guérir. Il a vu ses semblables, il leur a parlé, il les a touchés : ses mots d'éternité avaient puissance de renouvellement. Il nous a vraiment aimés en prenant le risque de notre propre aventure humaine.

Il nous invite à sa suite. Il nous envoie « comme des brebis au milieu des loups », et il nous dit pourtant : « N'ayez pas peur ». Car depuis le premier Noël, Jésus est avec nous tous les jours, jusqu'à la fin des temps. ».

Il fut la Parole incarnée. Le mot opportun, le geste juste.

Il a dit : "Aimez-vous les uns les autres", ce qui veut dire pour commencer : "Parlez-vous les uns aux autres". Comme entendu un jour dans une réunion de l'Armée du Salut : « Jésus, c'est le téléphone du Ciel ! ».

Pasteur Jean-Christophe ROBERT


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