Nous avons droit au repos

Editorial de juillet - août 2008

Champ de blé

Les travaux de réaménagement du hall du temple commencent. Nos locaux du 53, rue Erlanger ne sont plus accessibles et les cultes à Auteuil ne recommenceront qu’à partir du dimanche 24 août. Heureusement nous sommes au bénéfice de la solidarité et de l’accueil des paroisses voisines. Pour les cultes du dimanche, l’église réformée de Boulogne nous ouvre ses portes. Nous partagerons ainsi tout l’été la Parole de Dieu avec les protestants de Boulogne et quelque fois avec les membres des Eglises camerounaise et coréenne à Paris ce qui donnera lieu à un culte franco-camerounais-coréen le 29 juin.

Pour notre « thé à thème », la paroisse catholique Saint-François de Molitor accepte de nous accueillir chaque mardi après-midi.

En dehors de ces événements, notre vie d’Eglise prendra ses quartiers d’été ! Après une année d’activités intenses, pourquoi n’en serait-il pas ainsi ? Il est bon d‘ailleurs de relire les paraboles de Jésus, notamment celle du grain qui pousse tout seul (Marc ch 4, v 26 à 32). Elle nous donne une leçon de modestie et de sagesse. En effet, que dit-elle ? « Que le paysan dorme ou qu’il soit debout, la nuit et le jour, la semence germe et grandit, il ne sait comment ».
Certes, le paysan a préparé la terre, il a semé, mais ensuite il laisse la terre faire son œuvre, sachant, comme Socrate, qu’il ne sait rien, c’est-à-dire que la germination, la floraison, le mûrissement, échappent autant à son intelligence qu’à sa main travailleuse. Alors viendra le temps de la moisson ! Et si Dieu lui prête vie, il y participera…

Il me semble que la pointe de cette parabole, c’est l’ignorance et que cette ignorance génère la foi, la confiance et l’Espérance. Car il faut bien le reconnaître, quoique nous fassions pour le Royaume, pour le monde, pour les autres, pour nos enfants et pour nous-mêmes, le sens de nos actions nous dépasse et le résultat reste imprévisible. Combien de fois dans nos vies d’Eglise, de paroisses, sans parler de nos vies familiales et professionnelles, n’éprouvons-nous pas ce sentiment d’échec et de frustration. Telle activité où nous nous sommes investis n’a intéressé que peu de monde, tel geste sincère (ou parole) a été mal interprété, tel enseignement semble n’avoir eu que peu d’échos auprès de nos enfants ? Alors, tout cela vaut-il la peine ? Toutes ces réunions, tout ce souci, toute cette passion a t-elle un sens ?

Pourtant, au moment même où nous posons la question, nous sommes surpris par un signe, saisis par la Grâce, la floraison. Nous n’avons pas l’impression d’y être pour grand chose et pourtant : un enfant s’éveille à la vie, des catéchumènes expriment leur foi lors des cultes de Confirmations, des invités du CASP partagent un bon repas dans la joie, des bonnes volontés se manifestent pour préparer la vente annuelle, d’autres pour prendre en charge l’école biblique. Et il ne nous reste plus qu’à nous réjouir. Et à continuer nos semailles dans l’ignorance joyeuse du secret de Dieu. Car Dieu travaille en secret. Et s’il travaille en secret, nous devons continuer de travailler et d’abord dans le secret de nos cœurs… Mais voilà que je vous reparle de travail alors que les vacances ne sont même pas commencées. D’ici septembre, nous avons droit au repos ! Alors, bon été…

Christian BARBÉRY


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