Qu'est-donc la Bible
pour vous?

Editorial de septembre - octobre 2003

Les mots relient

Vous avez devant les yeux les Nouvelles d'Auteuil, de l'Eglise réformée. Pourquoi sont-elles donc arrivées jusqu'à vous ? Parce que vous êtes paroissien ? Qu'un jour vous les avez feuilletées et souhaité y être abonné ? Par hasard en passant dans le hall ? Parce que vous êtes voisin ou responsable d'une communauté voisine ?

Ce numéro est envoyé à tous ceux qui l'ont demandé, quelles qu'en soient les raisons. Et parfois, ces raisons ne sont pas même connues de la paroisse...

Alors, me dit-on. " Faut-il encore utiliser tout ce papier ! " Eh bien oui. Oui, parce que ces quelques pages sont pour certains un port d'attache inconnu de tous, un ancrage dans une réflexion qu'ils ont entamée depuis longtemps et qui un jour pourra éclore et se dire. Pour d'autres, elles sont des compagnons de route. Pour d'autres enfin des ponts jetés vers un monde que nous ne saisissons pas, mais par lequel l'écho de quelques mots pourra donner du sens.

Ces Nouvelles d'Auteuil, si petites, si occasionnelles, sont un peu comme la Bible : des mots jetés vers demain, qui traduisent l'expérience de vie de quelques hommes et appellent à la vie.

Ils dévoilent

Les mots sont là, ils nous environnent comme autant de messages inutiles dont le sens nous échappe jusqu'à ce que, par hasard ou par nécessité, la vie aspire à trouver du sens. Elle joue alors avec les mots, les expériences, les organisant pour leur trouver une trajectoire, comme un gigantesque puzzle de la Parole.

Là, une rencontre peut se faire, un être peut enfin se dire, une confiance se dévoiler. Vous souvenez-vous de la première fois qu'un texte biblique a pris du sens pour vous ? Peut-être vous avait-on parlé de la Bible avant. Peut-être même connaissiez-vous quelques histoires de Jésus, des disciples ou d'Abraham. J'ai été frappé par les enfants de l'école biblique. Certains connaissent très bien des récits entiers de la Bible. Pour chaque histoire, ils sont même capables d'en dire un ou deux sens possibles. Beaucoup d'entre nous aussi, sont capables de se souvenir d'histoires particulières.

Mais nous souvenons-nous de la première fois où un texte a pris tout son sens dans notre vie ? Où nous avons pu le reprendre à notre compte, le faire nôtre ? Cette rencontre d'une parole et d'une vie me paraît l'essentiel pour les mois à venir.

Et font mémoire

Autour de nous en cette rentrée, tout a bougé. Jacques Juillard est parti, et avec lui ce ton si poétique qui donnait aux mots des ailes. Pierre Bourdon, diacre de la paroisse voisine de St François est décédé cet été. Le père Barboure, compagnon de route du groupe œcuménique, a été nommé en d'autres lieux. Pour nous, la Bible a perdu quelques uns de ses serviteurs, des " passeurs " capables de transformer un texte en vie. Mais s'ils s'en sont allés, pourtant cette question demeure au delà d'eux, pour chacun de nous : un texte a-t-il, une fois dans notre vie, pris tout son sens pour notre existence...

Pour devenir parole

En 2003, année de la Bible, c'est un peu à cela que nous souhaitons vous inviter. Des manifestations s'organisent avec Boulogne et l'Armée du Salut pour les mois qui viennent. Elles sont une occasion... de résonance. Les anciens nous ont transmis leur expérience de la foi, leur relation avec la réalité qu'ils vivaient et qu'ils appelaient Dieu.

Des hommes et des femmes d'aujourd'hui vont partager avec nous la résonance qu'ils vivent au travers de quelques textes, des psaumes, des chants, ... Qu'ils soient catéchète, prédicateur participant à l'Entraide ou à des conférences, chacun livrera sa part d'être, le témoignage de ce choc fondateur entre mots et vie, ou la parole devient Parole.

Dans la vie

Que cette année soit donc pour chacun un temps de rencontre avec les mots, afin qu'ensemble, nous puissions souhaiter, inspirer et habiter une trajectoire renouvelée pour cette communauté d'Auteuil et ceux d'entre nous qui attendent une véritable Parole pour leur vie.

Marc DE BONNECHOSE


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