Recommencer est un acte d’espérance

Editorial de septembre 2006

Rentrée. Reprise, le grand retour. Finie l’évasion des vacances.
Pour tous ceux qui ont pu partir, c’est le temps de la rentrée.
Peut-être, au moment où vous lisez ces lignes, n’avez-vous pas encore défait vos bagages.
Peut-être vous posez-vous la question : la vie (la véritable) n’est-elle pas derrière nous ? Devant nous, n’y aurait-il que le vieux monde où nous réinstaller ?

A ce croisement entre les vacances et la rentrée, je me demande : quel espoir pour ce qui est devant nous ? Pour demain, quel avenir ? La semaine prochaine ? L’année qui vient ? Quel espoir pour notre monde et pour l’Eglise ? Quel espoir à vivre et à partager qui puisse soulever notre quotidien ? N’y aurait-il rien de neuf sous le soleil ? comme le disait autrefois déjà l’Ecclésiaste.

Je me le demande… Et je le demande à l’évangile. Et je pense alors à cet évangile de la pêche rapporté par Jean dans son chapitre 21. Vous connaissez ce récit : les disciples ont pêché toute la nuit sans rien rapporter dans leurs filets. Ils rentrent bredouilles. Mais cette pêche perdue se change d’un coup en une pêche prodigieuse. L’échec fait place à une surabondance insolite. C’est ainsi que le Christ ressuscité se dévoile aux disciples : en plein dans leur tâche d’hommes. Non pas ailleurs dans un autre monde, mais au beau milieu des filets, de la barque, du métier. Pour que ce travail ne soit plus perdu, mais pour qu’il soit un travail fructueux.

Tel est le monde nouveau ouvert par le Christ : dans nos situations bloquées, il surgit, sans qu’on sache comment, il transforme la vie. Alors recommencer, même quand tout semble vain, - recommencer face à l’hypocrisie régnante et les déterminismes en tous genres - recommencer quand on n’a même plus la force de repartir - ce n’est plus un acte désespéré, c’est un acte d’espérance.

Dans ce chapitre 21 de Jean, il y a encore un point très fort : ce repas sur la plage, du pain, du poisson qui attendent. "Tout est prêt" pour que les hommes viennent manger. Celui qui les a rejoints à leur travail les attend à ce repas. Plus de distance entre le travail et le partage du pain : c’est dans leur pêche qu’ils ont reconnu celui qui maintenant partage pour eux le pain. Et du coup ce pain partagé renvoie au travail : car c’est toute l’œuvre des êtres humains qui est à transformer.
Pour ce temps de rentrée, ne retenez qu’une chose : le Christ vivant est avec vous. Vous n’êtes pas seul à vivre. Il est là. Sa vie est plus forte que tout ce qui est usé, que tout ce qui est détruit.
Alors tout peut reprendre – et cette reprise est sous le signe d’une nouveauté : c’est le vieux monde, notre vieille Europe peut-être, notre vieille Eglise qui sont derrière – et devant, toute une création nouvelle à faire naître.

Partageons ensemble cette espérance. Par exemple le dimanche 17 septembre. Ce sera le culte de rentrée pour notre paroisse. Au cours de ce culte, nous allons reconnaître le ministère du Conseil presbytéral de l’Eglise réformée d’Auteuil. Soyons nombreux à entourer les Conseillers de notre paroisse.

D’ici là, à chacun une bonne rentrée et un bon recommencement.

Christian BARBÉRY


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