Temps de l’Avent
et temps de Noël

Editorial de décembre 2006

Mais aussi temps de solidarité. Gestes de partage avec cette question : à qui faut-il donner ? Et pour l’Eglise, temps des angoisses financières : le budget sera t-il bouclé ? L’appel de fin d’année sera t-il entendu par les paroissiens ? Rappelons-le, l’Eglise ne vit que des dons des fidèles. Pas de subventions ni de l’Etat ni des communes !

Comme le dit l’humoriste : tout cela me fatigue déjà…
A moins que… Ne pourrait-on pas faire de l’Avent et de Noël un temps ralenti de l’attente et de la méditation ? Un temps pour redonner sens à notre espérance.
Certes l’Eglise doit sans doute sacrifier à la frénésie de l’activisme à ce moment de l’année - l’Eglise vit au milieu des hommes - mais ne pourrait-on pas faire de Noël un temps où on ne se définit pas seulement par les œuvres ?

Pour moi, fêter Noël c’est peut-être d’abord reconnaître le rôle de l’émotion dans ma vie. Je connais les réticences des protestants (surtout les réformés) par rapport à l’émotion religieuse, mais il me semble que Noël est d’abord une affaire d’émotion. C’est l’émotion d’un cantique chanté (O Peuple fidèle ou encore Les anges dans nos campagnes…), c’est l’émotion devant le sapin illuminé et l’émotion à la lecture du récit de la nativité.

En dépit de notre aversion à l’égard des fêtes et des rites, n’attendons-nous pas tels des enfants la Bonne Nouvelle de cette naissance ? Noël n’est-il pas d’abord cette fête qui nous saisit par la joie, par la gravité de la joie malgré tout, envers et contre tout ? La joie plus forte que les mauvaises humeurs des hommes.

Oui, Noël, c’est une bombe. Non pas une bombe atomique. Non, c’est une bombe de joie. Une bombe qui ne détruit rien. Une bombe qui transfigure l’histoire, qui éclate dans la nuit du monde et qui vient en premier lieu combler un déficit d’humanité. Dieu ne s’est-il pas fait homme?
Noël nous apprend, à la lumière d’une étoile et dans l’ombre de la crèche que nous sommes des humains. C’est aussi simple que cela. Mais quelle émotion ! Noël, c’est la grâce de l’émotion. Nous pouvons méditer ces paroles : " Seigneur, nous sommes là devant Toi et finalement, c’est nous qui tenons l’Enfant, ton enfant, dans nos bras ; c’est chacun d’entre nous qui tient l’humanité, ton humanité, dans ses bras, parce que si nous comprenons bien Noël, c’est cela que tu attends de nous… "
C’est dans cet esprit de recueillement et d’émotion que je vous invite à nous retrouver pour fêter Noël.

Christian BARBÉRY


retour