Tirer de son trésor du neuf et du vieux

Editorial de mai-juin 2016

Le journal que vous avez sous les yeux présente les nouveaux Conseil et Comités élus ce printemps. On y trouve des visages connus et de nouvelles têtes - non pas inconnues, mais nouvelles dans ces responsabilités.

Ces responsables auront à cour de poursuivre la mission de l'église sous ses diverses formes. Ils s'inscriront dans une continuité, car ils reçoivent une histoire locale, une communauté qui les a précédés. Ils auront aussi à fixer des priorités et à proposer des manières nouvelles d'annoncer et de vivre l'Évangile à Auteuil, cherchant à accomplir dans notre temps la mission de l'Église.

Cela me fait penser une image de l'Évangile de Matthieu, par laquelle Jésus conclut une série de paraboles du Royaume (Mt 13, 52) : « Ainsi, tout scribe instruit du Royaume des cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et du vieux. »

De cette parole, je relève d'abord l'idée de trésor.

La métaphore souligne que quelque chose de précieux est confié à celui qui se sent concerné par elle. Ce trésor, ce n'est pas la tradition qui serait opposée à l'innovation ; mais ce n'est pas non plus la nouveauté du Royaume qui rendrait obsolète tout ce qui est ancien. Le trésor réside dans la possibilité de s'enrichir de l'ancien et du nouveau, sans les opposer.

Le trésor n'est pas fermé : il faut l'ouvrir et en sortir ce qu'il recèle pour en découvrir ou redécouvrir la valeur, en savourer la saveur.

C'est en expérimentant des idées nouvelles et en poursuivant des actions traditionnelles que nous pourrons continuer à accueillir la richesse de l'Évangile. C'est en innovant sans trahir, en maintenant sans bloquer que nous assurerons notre mission d'Église.

La métaphore parle d'un scribe instruit du Royaume des cieux.

Un scribe, pour Matthieu, est un lecteur des Écritures, un passionné du texte. J'y entends une invitation à ancrer toute réflexion, tout projet et toute action dans une lecture assidue et renouvelée des Écritures. L'activité d'un Conseil d'Église prend toute sa dimension quand elle est nourrie, interrogée et encouragée par la fréquentation des Écritures.

Mais ce scribe n'est pas replié sur le texte : il est instruit du Royaume des cieux. Si le texte est fondamental, c'est parce qu'il constitue une porte, une ouverture à quelque chose qui le dépasse et lui donne sens : l'expérience du Royaume, c'est-à-dire d'une vie non pas refermée sur elle-même, mais ouverte vers le ciel et constamment renouvelée par la Parole vivante.

Cette parole vivante surgit de la rencontre du neuf et du vieux. L'un et l'autre sont au service de de la Bonne nouvelle et constituent par là-même un trésor, un trésor ouvert.

Je propose donc d'accueillir les propositions qui viendront du Conseil presbytéral, du Comité d'entraide et de celui d'Études et recherches, comme des tentatives de mettre en valeur le trésor qui nous est confié, en renouvelant des formes anciennes et en ancrant des expériences nouvelles dans notre expression locale.

Pasteur Nicolas COCHAND


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