Critiques de livres

La foi que j’aime le mieux

La foi que j'aime le mieux

de Michel LEPLAY - Editions Salvator, 2009

Le titre est tiré d’une belle phrase de Charles Peguy : « La foi que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’espérance. » Pour Michel Leplay aussi. C’est un livre de réflexions sur le monde, sur le « mystère Jésus », sur le message biblique, sur l’unité chrétienne. 16 courts chapitres qui témoignent de son regard sur le christianisme actuel et passé et sur ses espérances œcuméniques. On peut les lire à la file, ou dans le désordre car, il le dit lui-même, ces chapitres « sont assez indépendants les uns des autres ». Michel Leplay, nous le savions déjà, est un homme de dialogues avec les autres Eglises, et en premier avec la sœur catholique. On perçoit dans son propos combien la « déchirure » entre chrétiens le heurte. Il aimerait que l’Eglise soit une et catholique. Non pas dans le sens romain, bien entendu, mais dans le sens originel du terme : plénitude et universalité. Sans esprit de chapelle ni parti pris, il s’interroge sur l’identité chrétienne, qu’il reconnaît à toutes les composantes de l’Eglise du Christ marquées par le baptême, et qu’il sépare de l’identité confessionnelle. On peut toujours rêver, « espérer contre toute espérance », car on ne peut imaginer une seule Eglise tant que l’Eglise romaine se comprend « comme celle en qui subsiste l’unique Eglise du Christ ». C’est pourquoi il met son espérance en une « catholicité évangélique » populaire et prophétique qui pourrait réunir tous les enfants de Dieu.

Il nous parle de la foi et de la norme de sa foi, « gardée par l’Ecriture », mais aussi de l’espérance et de l’amour, et pour clore son livre, il propose un « envoi », non une conclusion, qui est un message d’espoir parce que, dit-il, « si le christianisme de Jésus, plus que la chrétienté des Eglises, a une valeur universelle, c’est bien parce qu’en son centre, ce point crucial, Dieu, y rencontre l’homme, et l’homme y cherche Dieu ». Avec « La Foi que j’aime », Michel Leplay a écrit un livre /témoignage, un livre/testament dans lequel ressort la sagesse du penseur chrétien qu’il est à l’automne de sa vie.

Liliane CRÉTÉ

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Le discours protestant sur l'au-delà : XVIème-XVIIIème siècles

Où va-t-on après la mort ?

de Liliane CRÉTÉ - Editions Labor et Fidès, 2009

Où va-t-on après la mort ?

« Où va-t-on après la mort ? ». Voilà le titre du dernier ouvrage de notre amie et paroissienne Liliane Crété. Dans ce livre, notre spécialiste de la littérature anglo-américaine analyse le discours protestant sur l’au-delà pendant une période particulièrement féconde : les 16e, 17e et 18e siècles. Et nous voilà plongés dans un univers qui apparaît à l’homme du 21e bien étrange pour ne pas dire étranger. En effet, les notions de Vie éternelle, de Paradis, de Jugement, du Mal, sans parler de Satan et des Anges, tout est passé au crible de la pensée des théologiens, philosophes et pasteurs de cette époque.

La question évidemment est ardue : comment penser le monde invisible ? Comment imaginer le Royaume de Dieu ? Et il est louable d’essayer de répondre avec les outils de son époque. Nous n’avons pas attendu le 16e siècle pour débattre sur ce sujet, mais on est surpris en lisant Liliane Crété de la manière avec laquelle les théologiens tentent de donner une réponse. Surpris de voir sous leurs plumes l’importance du péché et de la mort en liens avec la vie éternelle et l’au-delà. Et pourtant n’est-ce pas là justement l’originalité du christianisme qui à l’inverse de Platon ne sépare pas l’âme et le corps et garde toute son importance à la mort. N’est-ce pas là la conviction que péché et mort expriment en fait la différence entre Dieu et l’homme. N’est-ce pas là une conviction chevillée au corps que le Dieu de la Bible est aussi un Dieu des morts et pas seulement des vivants ? C’est la lecture chrétienne que nous pouvons faire du Nouveau Testament. Comment ? Non, en minimisant l’importance de la mort, non par un mouvement de l’homme vers Dieu, mais par le fait que Dieu qui est immortel se rapproche de l’homme jusqu’à subir dans son Fils lui-même la condition humaine - à savoir la mort. Cela change tout. S’il est vrai de dire que la mort est d’une certaine manière omni-puissante, qu’elle met fin à notre vie, que nous ne pouvons rien faire contre cela, il y a, selon la foi chrétienne, un moment où cette toute-puissance est brisée : c’est la croix du Christ sur laquelle un homme subit la mort pour les autres. L’idée (ou réalité) que c’est Dieu lui-même qui, en Jésus-Christ, a subi la mort, est le centre de notre foi chrétienne. La résurrection n’est rien d’autre que la confirmation de cela.

Calvin au 16e siècle, puis les puritains, les philosophes et théologiens ont essayé de dire à leur manière et avec les mots de leur temps ce « mystère ». Sans doute ont-ils « babillés » comme le disait Calvin, sans doute font-ils un usage excessif d’un langage qui est proche du « patois de Canaan », mais cet ouvrage a le mérite de mettre en lumière une pensée féconde sur un sujet aujourd’hui malheureusement délaissé. Alors que nous sommes de moins en moins prêts à laisser une place à la mort et à penser l’au-delà, le livre de Liliane Crété interroge notre foi.

Comme le dit l’auteur en épilogue : « de cette investigation dans le discours protestant des 16e, 17e, 18e siècles, c’est avant tout la richesse, et la variété des auteurs, poètes, théologiens, philosophes et scientifiques, l’imagination florissante dont ils font preuve touchant la vie dans l’au-delà, dont la Bible ne dit pourtant pas grand chose ».

Il est vrai que dans la Bible, il n’ y a aucune spéculation sur la manière dont tout va se passer dans l’au-delà. Mais est-ce une raison pour ne rien dire ? Comme le disait Richard Baxter (1615-1691) : « méditer sur la vie auprès de Dieu n’est pas seulement une consolation, mais un devoir auquel le chrétien devrait s’astreindre ».

Christian BARBÉRY

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Les Eglises Protestantes et les Juifs,
face à l'antisémistisme au XXème siècle

Les églises protestantes et les juifs

de Michel LEPLAY - Editions Olivétan, collection Convictions & société

En quelques pages passionnantes où tout est dit, avec des mots ciselés comme en un travail d’orfèvre, bref avec la maîtrise qu’on lui connaît, Michel Leplay retrace quatre siècles d’histoire d’amour entre les Protestants et les Juifs. Le livre est émaillé de comptes rendus officiels et de textes de théologiens, et s’il montre la fidélité souvent originale et parfois héroïque que les Protestants ont témoignée à leurs frères aînés, il ne passe sous silence ni «les insultes de Luther et les jugements de Calvin», ni quelques lâchetés aux heures sombres de Vichy. Tout est passé au peigne fin … et surtout le présent, fait à la fois d’amour inconditionnel pour le peuple juif et de vigilance quant à la politique de l’Etat d’Israël, une distinction que Chrétiens ou Juifs ne font pas toujours, et qui est cependant essentielle dans le combat que nous devons mener contre l’antisémitisme : la politique de l’état d’Israël n’es pas la pensée juive. Un livre juste écrit par «un Juste» (selon le nom que les Juifs donnent aux hommes de bonne volonté) et qui se termine par une belle lettre de Colette Kessler, petit cadeau d’une fille d’Israël à un fils de la Réforme dont la participation aux Amitiés judéo-chrétiennes a été et demeure marquante...

Si vous aimez l’Histoire et si (sait-on jamais...) vous voulez vous sentir encore plus fiers d’être protestants, ne manquez pas ce livre !

Jeanne CHAILLET

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Les Protestantismes

Les protestantismes

de Michel LEPLAY - Paris, Armand Colin, 2004, 126 pages

Le dernier-né de la production littéraire de Michel Leplay a pour nom : Les Protestantismes. En 128 pages denses, il montre comment la Réforme s'est développée, structurée, diffusée. Il en présente les différents aspects, et donc présente les différentes dénominations issues de la réforme du christianisme commencée par Martin Luther en 1517. Il nous entraîne ce faisant d'une " protestation contestée " à une " expansion réussie ". Il est notre guide dans cette aventure humaine autant que religieuse, car s'il fait la place à la théologie de la Réforme avec sa célèbre trilogie : Sola Fide, Sola Gratia, Sola Scriptura, il peint aussi les portraits des hommes auxquels le monde est redevable de la diversité du protestantisme : Luther et Calvin, bien sûr, mais encore Zwingli, Wesley, Karl Barth pour n'en citer que quelques uns.

L'ouvrage comprend quatre parties : les trois premières sont ponc-tuées par une réflexion sur la spiritualité protestante tout à fait remarquable. Bien sûr, étant donné le format de cet ouvrage, Michel Leplay a du faire des choix et trois paramètres l'ont guidé : la référence à l'Ecriture, seule norma-tive pour la foi et la vie du chrétien réformé ; la conception démocratique de la communauté, conséquence du sacerdoce universel des fidèles baptisés ; la présence dans le monde des protestants et le rapport positif du protestantisme à la modernité.

Sa présentation est claire. Michel Leplay court à travers les siècles d'un pas vif et entraînant et les aspects essentiels du protestantisme sont bien définis. Le seul regret est qu'il n'ait pas développé le phénomène de l'évangélisme, tellement présent à l'heure actuelle en Amérique, au Sud comme au Nord.

En plus du plaisir que l'on a toujours à lire Michel Leplay, avec son sens des mots et des formules, l'ouvrage présente une série d'annexes fort utiles dont un glossaire, une chronologie et des statistiques sur les protes-tants dans le monde. Bref, un ouvrage qui a sa place dans toutes les bibliothèques de ceux qui voudraient comprendre comment un mouvement de réforme parti au XVIe siècle de Wittenberg, petite ville de Saxe, a pu devenir la religion professée par 473 millions d'individus dans le monde.

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Vers un christianisme virtuel - Enjeux et défis d'Internet

Vers un christianisme virtuel

de Jérôme COTTIN et Jean-Nicolas BAZIN - Labor et Fides, 152 pages

Le développement est riche de conséquences pour l'avenir des communautés traditionnelles. A cet égard, l'expansion de cette nouvelle technologie doit être évaluée à l'aune des message humanistes et spirituels des Eglises. Dans cet essai écrit par un théologien et un spécialiste d'Internet, sont mis en évidence les risques et les chances de la nouvelle donne communicationnelle.

Comment réduire la fracture numérique? La communication en réseaux suffit-elle à créer le sentiment communautaire? L'annonce de l'Evangile peut-elle profiter de l'abolition des frontières proposée par Internet? Plus fondamentalement, faut-il voir le rapprochement des internautes l'essor d'une nouvelle fraternité ou l'indice d'une confusion mortelle des discours sous couvert d'une unification de la parole - le web comme nouvelle tour de Babel?

Cet ouvrage est l'un des premiers livres de fond écrit sur ces phénomènes. Pédagogique dans sa première partie, il prend position par la suite et donne ainsi à réfléchir sur le modèle possible d'un nouveau christianisme virtuel. Un annuaire sélectif de sites Internet complète fort utilement ce livre.

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Moïse " lui que Yahvé a connu face à face "

Moïse, lui que Yahvé a connu face à face

de Thomas RÖMER - Découvertes Gallimard 424, Religions, 127 pages

Moïse un héros dépassé ? Le fondateur du Judaïsme serait-il à l'origine de l'antisémitisme ? Pourquoi Freud s'est-il évertué à en faire un égyptien plutôt qu'un israélite ?

Réponses avec Thomas Roëmer, professeur d'Ancien Testament à l'Université de Lausanne, qui signe le dernier titre de la collection Découvertes/Gallimard consacrée au premier prophète d'Israël dont le récit compte parmi les épopées les plus célèbres de l'humanité.

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Atlas des Religions - Croyances, pratiques et territoires

Atlas des Religions

de Brigitte DUMORTIER, préface de Jean BAUBÉROT - Editions Autrement, Collection Atlas Monde, 63 pages

Une Synthèse sur les grandes religions du Monde, sur certains problèmes politiques liés aux questions religieuses et sur des phénomènes religieux anciens ou récents, en quatre grandes parties : un panorama géographique, une analyse de la complexité de la géographie religieuse, les relations entre états et religions, les fonds traditionnels et les pratiques nouvelles.

Grâce à plus de 50 cartes et graphiques, et avec le concours des meilleurs spécialistes, cet atlas offre une grille de lecture nouvelle et synthétique du fait religieux.

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La Bible entre le culte et la culture

La Bible entre le culte et la culture

de Michel LEPLAY - Poliez-le-Grand, Suisse, Editions Du Moulin 2002

Ce que notre ami Michel Leplay nous offre n'est pas une œuvre savante sur la formation de la Bible, mais plutôt une histoire de sa réception dans notre monde occidental. Le titre en dévoile d'ailleurs le contenu : " La Bible entre le culte et la culture ". Michel Leplay lui-même chemine entre culte et culture, son érudition le montre. Il est pasteur, mais aussi poète et donc la Bible le touche tant par cette Parole " ultime, profonde et éternelle " qui s'adresse à nous que par la beauté qu'elle a fait jaillir de l'œuvre de musiciens, de peintres, de graveurs, de sculpteurs, de poètes.

Il nous entraîne dans un parcours culturel au gré de ses choix - car il faut bien faire des choix, surtout lorsque l'on est limité par l'espace. On y rencontre les personnages incontournables mais d'autres aussi, auxquels on ne penserait peut-être pas. Le talent d'écrivain de Michel Leplay ajoute au plaisir de la lecture : ainsi, à propos de la formidable expansion de la Bible au temps de la Réforme, il écrit :

" ...la Bible, livrée au plus grand nombre, va être mise en exploitation, comme on le dit d'une forêt. Les uns iront y chercher le bois des poutres pour construire des systèmes théologiques résistant à la tempête de toutes les polémiques. D'autres s'inspireront de la droite montée des fûts pour mieux comprendre l'ordonnance du monde et de la pensée rationnelle. Certains seront sensibles à l'harmonie des cimes ou au profond mystère des racines. Quelques uns enfin trouveront moyen de cacher leurs émois sous leurs verts ombrages. "

Liliane CRÉTÉ

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Mémoires d'un galérien du Roi-Soleil

Mémoires d'un galérien du Roi-Soleil

de Jean MARTEILHE - Mercure de France, Paris 2001

Nul doute, la lecture de ces Mémoires d'un protestant condamné aux Galères de France vous fera passer un bon, un très bon moment. L'hiver approche, voici tout ce qu'il vous faut pour une veillée au coin du feu, bien calé(e) dans un fauteuil confortable. De prison en évasion, d'abordage en naufrage, vous aurez plaisir à suivre dans ses péripéties ce jeune homme huguenot de bonne famille, fougueux et attachant.

Dans une langue savoureuse, riche en malice, en humour, en naïveté, le conteur Marteilhe vous entraînera quelque part à mi-chemin entre Gil Blas de Sentillane et les Trois Mousquetaires, entre roman picaresque et roman de cape et d'épée.

Il vous sera également possible de lire Marteilhe sous l'angle du documentaire historique. Du fonctionnement de cette étrange société humaine connue sous le nom Galères, tout est consigné en détails : soin dans la description, authenticité des informations sur la vie à bord, été comme hiver, en mer comme à quai.

Claire-Lise LOMBARD

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La France est-elle païenne ?

Les cahiers de l'Atelier

Sous la direction de Xavier DURAND - Les Editions de l’Atelier, Collection les Cahiers de l’Atelier, 127 pages

Les analyses et les prises de position se multiplient sur la place des religions dans la société française. Qu’en est-il véritablement des différentes mutations ? Menacent-elles la cohésion de nos sociétés ?

Dix auteurs, politologues, historiens, philosophes et théologiens apportent leurs réponses dans cet ouvrage : Jean Baubérot, Guy Braibant, Arlette Fontan, Jean-Claude Guillebaud, Jean Joncheray, Laurent Laot, François Richard, Hippolyte Simon, Michel Simon et André Talabot.

La collection met en présence des auteurs aux opinions diverses, convergentes et divergentes, pour une libre discussion qui prend place au carrefour des pratiques religieuses concrètes et des débats d’idées.

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