Un engagement social

En arrivant à Auteuil, Osée Foulquier décide de poursuivre l'oeuvre entreprise dans le XVIIe arrondissement et à Courbevoie : l'évangélisation menée de pair avec la lutte contre les fléaux sociaux qui apparaissent ou se développent à la fin du XIXe siècle.

L'évangélisation

La manière de concevoir l'évangélisation a considérablement évolué en 100 ans.

Mr et Mme FOULQUIER
Mr et Mme FOULQUIER

Au début du siècle, l'évangélisation se veut avant tout militante. Même si les Protestants ont plutôt tendance à jouer les arbitres dans les luttes qui opposent les athées à l'Eglise Catholique, ils cherchent néanmoins à promouvoir les valeurs de l'Evangile et à marquer leur terrain au moment où se profile la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Ils utilisent, déjà, les techniques du marketing moderne : distribution de tracts, conférences itinérantes favorisées par l'invention toute récente de l'automobile. L'évangélisation est menée alors à deux niveaux. A l'échelle régionale, on se déplace dans la banlieue ouest pour annoncer l'évangile. A l'échelle locale surtout, des réunions de quartier permettent à certains d'entendre parler de l'évangile pour la première fois et c'est à cette occasion qu'ont lieu des conversions, parfois spectaculaires, comme celle de ce tailleur de Courbevoie relatée dans le Rapport de 1896 :

« Un soir, sollicité par un ami qui se tenait à la porte, à assister à la conférence, il entre dans la salle, s'assied et fixe sur l'orateur des yeux brillants qui semblent vouloir sortir de leur orbite. Il a un peu trop bu, mais pas assez pour ne pas pouvoir suivre le service. C'est la première fois qu'il entend la prédication de l'Evangile. Son intérêt est vivement excité, il fait tout le temps des signes d'approbation. Et quand, à la sortie, on lui demande s'il reviendra : « Certainement, répond-il, je reviendrai. » Cet homme revint en effet, avec sa femme ; il ne tarda pas à se convertir et à renoncer à sa terrible passion. D'ivrogne endurci, il est devenu un abstinent convaincu. Voilà à peu près trois ans qu'il ne boit que de l'eau »

L'évangélisation se fait par la suite plus discrète. Il est vrai que la construction du second temple est un témoignage suffisamment fort de la présence réformée dans le quartier.

Enfin, dans les années 70, la notion même d'évangélisation est regardée avec suspicion. Face à la déchristianisation qui guette toutes les couches de la société, les Eglises traditionnelles n'osent plus parler d'évangélisation : aux yeux de certains, le terme, qui évoque par ailleurs l'activité des missionnaires dans les colonies, prend une connotation péjorative.

La lutte contre les fléaux sociaux

A l'origine de la paroisse, l'action sociale réside essentiellement dans la lutte contre l'alcoolisme, fléau qui touche principalement la classe ouvrière. Pour informer les gens des méfaits de l'alcool, on organise des réunions publiques dans lesquelles interviennent des "repentis". Tous les moyens qui peuvent dissuader les hommes de boire sont employés : on crée une "Société de tempérance" et on organise ainsi des soirées récréatives « afin de soustraire le plus grand nombre d'hommes possible à l'influence du café ou du cabaret ».

On s'attaque également à la misère qui empêche certains parents d'élever dans de bonnes conditions leurs enfants en fondant un foyer en 1901.

Si le combat contre l'alcoolisme n'est plus aujourd'hui la priorité, la lutte contre la misère et l'exclusion est restée l'un des points forts de l'engagement de la paroisse comme en témoigne, par exemple, l'alphabétisation menée auprès des populations ne maîtrisant pas le français.

Ces 25 dernières années, suite à l'évolution de la société et de la population du quartier, la paroisse a redéfini ses priorités. C'est ainsi que le témoignage rendu à l'extérieur s'est enrichi d'une nouvelle dimension culturelle avec la création du centre Etudes et Recherche.


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