Culte de la Réformation, prédication du 28 octobre 2012

Romain 5, 1-11

Chers frères et soeurs,

Le dernier dimanche d'octobre est consacré généralement dans nos Eglises réformées à la Fête de la Réformation.

Pour ce culte dit de la Réformation, je vous ai donc proposé des textes de l'épître de Paul aux Romains 5/1-11 et 8/14-17).

Vous savez l'importance que la lecture et l'étude de l'épître aux Romains avaient eue dans l'expérience spirituelle et la théologie de Luther, puis de tous les autres Réformateurs au 16ème siècle. « Sola gratia, sola fide, sola Scriptura », comme on disait alors : notre salut par la seule grâce de Dieu, notre justification par la seule foi en cette grâce, notre découverte de la bonne nouvelle du salut, de la parole d'amour que Dieu nous adresse en Jésus-Christ par la seule écoute de l'Ecriture, de la Bible, plutôt que par la prétendue autorité des chefs de l'Eglise qui imposeraient leurs dogmes, ni non plus par notre orgueilleuse prétention à avoir acquis des mérites aux yeux de Dieu par nos ouvres.

Les premiers versets du chapitre 5 de l'épître de Paul aux Romains, que nous avons lus pour notre méditation de ce matin sont, je crois, l'un des plus beaux textes du Nouveau Testament. Ces versets ont inspiré et révolutionné la vie de tant d'hommes et de femmes depuis des siècles, d'un Luther, d'un Karl Barth, de bien des théologiens et de bien des chrétiens. Le premier verset de Romains 5 a fondé et inspiré la grande découverte théologique, la géniale intuition des Réformateurs du 16ème siècle, cette révolution qu'on a appelée la justification par la foi: « Etant justifiés par la foi, dit Paul, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ ».

Paul nous rappelle que nous avons besoin avant toute chose de nous savoir justifiés, acceptés et pardonnés. Nous avons besoin de retrouver devant Dieu le pas léger de la danse de la vie, nous avons besoin de ne plus nous sentir écrasés, culpabilisés, plaqués à terre, rejetés et renvoyés à notre angoisse et au non-sens de vivre. Nos ouvres et nos efforts ne servent à rien pour cela, dit Paul, puis Luther à sa suite. Car il est vrai que nous nous sentirons toujours insuffisants, imparfaits, impréparés. Si nous écoutons cette voix intérieure qui nous renvoie à la figure notre propre vérité, notre propre réalité, nous ne nous sentirons jamais prêts, jamais dignes d'occuper une place d'enfant dans la maison du Père.

Soyons honnêtes. Ce ne sont pas les petits efforts que nous pouvons faire pour aimer notre prochain ou pour aimer Dieu, ce ne sont pas les petits gestes, les petites actions où se cachent souvent des sentiments mêlés d'égoïsme, d'autosatisfaction, d'intérêts sournoisement cachés aux autres, et à nous-mêmes, qui pourraient nous procurer une véritable justification, une paix, un apaisement. Ainsi l'évangile chrétien n'est pas d'abord et avant tout une religion de l'effort, de la morale et de l'engagement. La seule chose qui a pu sauver le fils prodigue, ce n'est pas son retour ni sa repentance. C'est l'amour de son Père. Son Père n'avait pas cessé de l'aimer. La source n'était pas tarie. Tout pouvait recommencer. Nous aussi, comme le fils prodigue, nous exprimons parfois notre insuffisance, nos doutes sur nous-mêmes, notre interrogation perplexe sur le sens de notre vie. Suis-je digne ? Suis-je justifié de ma vie? Suis-je reçu, ou recalé, au grand examen de la vie ?

Aujourd'hui, en ce temps de l'après-Pentecôte, l'Esprit de Dieu nous est donné. Nous recevons l'assurance que nous sommes justifiés et pacifiés : « Justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu ». Mais pourquoi par la foi ? Faudrait-il donc croire à des dogmes irrationnels et fantaisistes pour être justifiés en notre vie ? Non, bien sûr. Puisque la foi, ce n'est pas la croyance à des dogmes. La foi, c'est la confiance, c'est notre réponse confiante à l'amour de Dieu. Croire, c'est dire oui à Celui qui me dit : Je t'aime. Jésus-Christ, c'est la lettre d'amour que Dieu m'a envoyée. Il est le messager de Dieu, l'envoyé de Dieu. Le cadeau d'amour que Dieu m'a fait. Recevrai-je le Christ dans ma vie ? Accepterai-je le cadeau ? La foi, c'est cela.

Croire que Celui qui me dit « Je t'aime » dit vrai. La foi, c'est croire que lorsque Dieu t'a créé, il y avait à côté de lui, pour l'aider, pour lui donner cour et joie à l'ouvrage, cette petite fille appelée Sagesse dont parle Proverbes 8 : « L'Eternel me possédait au commencement de son activité... Moi la Sagesse, j'étais à l'ouvre auprès de Dieu. Et je faisais de jour en jour ses délices. Jouant devant Lui tout le temps ». La foi, c'est croire que Jésus est totalement présent à ma vie d'homme. Entièrement humain. Totalement présent à mon aventure terrestre. Je ne suis donc pas justifié par quelque chose de bien que je croirais avoir fait, mais seulement parce que j'ai laissé entrer dans ma vie le grand amour. Je suis justifié parce que je suis habité désormais par un autre, par le Tout-Autre. Ma vie a reçu la lumière éternelle. Maintenant je sais. Je sais que je suis aimé. Je suis en paix. En paix avec Dieu. Avec, les autres. Avec moi-même. « Etant justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu ». Je suis justifié. Je suis aimé. Je crois.

Nous devenons justes devant Dieu par grâce, à cause du Christ, par le moyen de la foi, dit le texte de la Confession d'Augsbourg en 1530. Cela évoque bien Romains 5/1, où Paul dit : « Etant justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu ». Paul ne dit pas ici que l'homme est juste, mais qu'il est justifié, c'est-à-dire déclaré juste par Dieu, rendu juste par Dieu. Paul a connu le tourment de l'homme zélé qui en faisait trop pour mériter d'être juste devant Dieu. Son zèle pour Dieu allait jusqu'à persécuter les chrétiens. Jusqu'à sa rencontre foudroyante avec le Christ ressuscité sur le chemin de Damas. Luther a été tourmenté lui aussi comme Paul. Jusqu'au jour où il s'est converti à la grâce, en recevant ces paroles de l'épître de Paul aux Romains. Luther a compris alors que la paix avec Dieu n'est pas l'ouvre de l'homme, mais l'ouvre de Dieu, l'ouvre de l'amour et de la grâce de Dieu. On pourrait donc traduire, en Romains 5/1, le mot foi (pistis en grec), par confiance plutôt que par foi : justifiés par la confiance que nous faisons à l'amour et à la grâce de Dieu. En rajoutant les mots grâce et confiance, la justification par la foi prend un tout autre sens.

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Un autre thème très important en ce début de Romain 5 est celui de la paix. Après notre justification par la foi, Paul parle de notre paix, notre paix avec Dieu.

« Etant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu », dit Paul au verset 1 de Romains 5. C'est sans doute la grandeur de l'homme que de regarder plus haut que lui, vers le Tout Autre, le Créateur, et plus loin que sa mort, c'est-à-dire vers l'infini, vers l'Eternel. C'est sans doute la grandeur de l'homme que d'être insatisfait, et parfois révolté. Nous cherchons la paix avec Dieu. Et cela nous cause parfois bien des tourments. Car nous en faisons à la fois trop et pas assez. Paul a connu ce tourment. Son zèle pour Dieu allait jusqu'à persécuter les chrétiens. C'était plus qu'il n'en fallait. Mais il ne savait pas écouter la voix du pardon et de l'amour. La voix du Christ qui le rencontrera sur le chemin de Damas et qui lui dira : « Je suis Jésus, que tu persécutes ». Luther a été tourmenté lui aussi comme Paul. Jusqu'au jour où il s'est converti à la grâce, jusqu'au jour où il a été ébloui précisément par le témoignage de Paul, par la lecture et la méditation de l'épître aux Romains entre autres. Jusqu'au jour où il a trouvé la paix. Jusqu'au jour où il s'est abandonné à la grâce et à l'amour de Dieu. Jusqu'au jour où il a pris pour lui-même cette affirmation de la justification par la foi et de la paix avec Dieu. Cette paix avec Dieu n'est pas l'ouvre de l'homme, mais l'ouvre de Dieu. Découverte fondamentale. L'homme est assez grand pour chercher Dieu, mais trop petit pour le trouver. L'homme n'est pas juste, mais pécheur. Et le péché est une sorte de mort, puisqu'il est éloignement de Dieu, qui est source de notre vie. C'est pourquoi Paul ne dit pas que l'homme est juste, mais qu'il est justifié. C'est-à-dire que Dieu le déclare juste. Dieu le rend juste. C'est Dieu qui fait la déclaration d'amour à l'homme, et non l'inverse. Aujourd'hui, on exprimera les choses différemment sans doute. On parlera moins de salut que du sens de la vie. Mais la question reste la même. Quelle est ma relation avec Dieu ? Où est le sens de ma vie ? Pourquoi ce sentiment d'impuissance ou de découragement qui nous saisit souvent ? J'ai le sentiment qu'en réalité, c'est toujours et encore cette même paix avec Dieu qui nous fait le plus problème. Parce que nous ne sommes pas en paix avec Dieu, nous ne sommes pas en paix non plus avec nous-mêmes. Nous avons besoin de nous réconcilier avec Dieu, c'est-à-dire aussi avec nous-mêmes. Le grand problème de l'homme, c'est sans doute Dieu. Nous sommes malades de Dieu, inquiets de Dieu, ignorants de Dieu, jaloux de Dieu, hostiles à Dieu. Et nous nous réfugions alors dans l'athéisme ou la religion, deux façons opposées et illusoires d'évacuer le problème de Dieu, d'oublier Dieu en le niant... ou en le domestiquant. Jésus a proposé autre chose. Le christianisme n'est pas une religion, mais une foi. C'est-à-dire qu'il n'est ni une croyance ni un rite. « Justifiés par la foi, dit Paul, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ ». Jésus nous a révélé le nom de Dieu. Il nous a révélé son nom de Père, de Père d'amour. Dieu est venu lui-même vers nous. Il a pris le risque de nous aimer, de guérir notre peur, de surmonter notre hostilité, d'être bafoué éventuellement par notre refus, de se fragiliser en son amour pour nous, de trembler pour nous, d'être crucifié par notre hostilité et notre péché sur la croix de son fils Jésus-Christ. C'est Lui qui a fait le premier pas vers nous. Désormais nous sommes justifiés, non par notre propre justice, mais par la foi, c'est-à-dire par la réponse de l'amour à l'amour. Justifiés par le oui que nous disons au Oui de Dieu sur nous. La foi est confiance. Nous faisons confiance au Dieu d'amour. Oui, aujourd'hui nous le confessons avec joie : « Etant justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ ».

Nous avons la paix. Certains manuscrits disent : Ayons la paix. Mais cela serait alors en contradiction avec toute l'épître aux Romains, où Paul souligne la primauté de l'action de Dieu, le salut par grâce, et non par les ouvres de la Loi. La paix avec Dieu est elle aussi un don gratuit de Dieu, qui change complètement notre situation d'hommes pécheurs, c'est-à-dire en rébellion, en inimitié avec Dieu. Cette paix est le résultat objectif de la déclaration d'amour et de pardon de nos péchés par laquelle Dieu nous propose et nous offre la réconciliation, comme le père à son fils prodigue, dans la parabole bien connue. Quant à la justification par la foi, c'est le mot grec dikaïoun, justifier, qui signifie ici que Dieu à la fois nous déclare justes et nous rend justes. Dans la suite de ce premier verset de Romains 5, Paul parle ensuite de notre espérance : nous nous glorifions dans l'espérance de la gloire de Dieu. Et au verset 5, le thème récurrent chez lui des arrhes de l'Esprit : le Saint Esprit nous a été donné, dit Paul. La justification est donc d'abord un bonheur qui nous est accordé dans notre présent par la foi, la confiance (pistis) avec laquelle nous accueillons le geste d'amour de Dieu. Mais la justification est aussi une promesse pour l'avenir et le toujours du dernier jugement de Dieu sur notre vie. Justifiés par la foi aujourd'hui, et dans l'espérance pour l'éternité, qui est déjà au cour de notre aujourd'hui réconcilié.

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Chers frères et soeurs,

Après notre justification par la foi, après notre paix avec Dieu, j'en viens pour finir à ce que Paul dit ici en Romains 5, mais surtout aussi en Romains 8, de la présence du Saint-Esprit dans nos vies. En Romains 5 : « l'amour de Dieu est répandu dans nos cours par le Saint Esprit qui nous a été donné ».

Il paraît que Saint Augustin, qui fut lui aussi si tourmenté avant de trouver la paix dans la foi, aurait cité ce verset de Paul deux cent fois dans ses écrits.

Oui, frères et soeurs, L'Esprit Saint habite notre vie désormais, nous dit Paul. Dans les versets 14 à 17 de Romains 8 que nous avons lus aussi ce matin, Paul nous parle du Saint Esprit et de notre prière. Le Saint Esprit est en nous et il nous aide à prier.

En Romains 8, Paul dit que Dieu est présent en nous par son Saint-Esprit qui habite notre vie, notre corps, notre prière. Nous avons en nous le Saint-Esprit de Dieu qui nous aide à prier Dieu, à l'appeler Père: « Par l'Esprit qui est en nous, dit Paul, nous crions à Dieu : Père! Abba! Ce verset est extraordinaire, et il pourrait inspirer toutes nos prières, car le mot employé ici est « Abba ». C'est le nom affectif, familier, que le tout jeune enfant balbutie pour appeler son père: « Abba! Papa ! ». Voilà comment nous pouvons prier Dieu, dit Paul. Prier avec Jésus, et comme Jésus nous a appris à le faire : « Quand vous priez, dites : Notre Père qui est aux cieux ». Nous n'avons plus à vivre dans la peur; nous dit Paul. Etre chrétien, c'est être libéré de la peur. Nous ne sommes pas des esclaves mais des enfants, des fils. Nous sommes « héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ », dit Paul. Nous crions ce nom de Dieu, dans nos jours de joie comme dans nos jours de panique. Nous crions. Nous prions : «Abba! Père ». Notre Père, écoute-nous, toi qui nous aimes. Ecoute notre cri, toi qui nous comprends, toi qui as voulu être homme comme chacun de nous, en ton fils Jésus. Ecoute-nous, Dieu. Ecoute-nous, Père. Nous sommes tes enfants. Ton Esprit témoigne et prie en nos cours. Nous n'avons plus peur de vivre. Nous ne serons jamais seuls. Ton Esprit est en nous. L'Esprit du Ressuscité est en nous : «L'Esprit lui-même, dit Paul au verset 16, rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu ».

Etre chrétien c'est, avant tout, écouter ce témoignage de l'Esprit, écouter ce que nous dit l'Esprit. De même que nous écoutons la parole de Dieu dans la prédication, dans la Bible, dans la prière, dans une conversation avec un frère, de même nous écoutons ce témoin intérieur qu'est l'Esprit de Dieu en nous, et qui nous redit sans cesse : « Tu es un enfant de Dieu. Tu es un enfant bien-aimé du Père ». Et c'est à cause de ce témoignage intérieur du Saint-Esprit en nous que nous sommes encouragés à prier, dit Paul. Il insiste beaucoup en Romains 8 sur ce lien entre notre prière et le Saint-Esprit. Le Saint-Esprit nous aide à prier Dieu en nous encourageant à l'appeler notre Père. Nous ne sommes pas des inconnus dans la maison de Dieu. Nous avons notre place dans son cour de Père. Nous pouvons parfois l'appeler au secours. « Nous crions : Abba ! ».

Dans la suite du chapitre 8, Paul ira plus loin encore. L'Esprit, dit-il, rejoint aussi notre prière même quand nous soupirons, quand nous gémissons : « L'Esprit vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu'il convient de demander dans nos prières. Mais l'Esprit lui-même intercède par des soupirs (ou des gémissements) inexprimables ». Il est important que Paul souligne ainsi cette faiblesse, cette difficulté, ce soupir et ce gémissement, en parlant de la prière du chrétien, en parlant de l'Esprit et de la prière. Nous avons bien reçu l'Esprit, dit Paul. Oui, Dieu nous habite. Et croire, c'est devenir conscient en effet de cette présence du Dieu d'amour en nous, et répondre à son amour. Mais tout cela ne fait pas de nous des êtres parfait, dit Paul. Nous tous, dit-il, nous sommes comme la création, « qui soupire et souffre les douleurs de l'enfantement ». Nous aussi, nous gémissons en priant. Et l'Esprit lui aussi gémit avec nous dans nos prières. J'aime trouver dans les paroles de Paul cette solidarité avec la création, cette humilité chrétienne. Recevoir l'Esprit, ce n'est pas posséder l'Esprit, mais être possédés par l'Esprit. Ce qui est bien différent. Oui, le Saint-Esprit m'aide à prier. Le Consolateur m'encourage à prier, à crier comme un enfant: « Abba ! Père! »

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Chers frères et soeurs,

Sauvés par la grâce de Dieu, justifiés par la foi, aimés par Dieu, en paix avec Dieu, et en paix avec nous-mêmes, je vous invite à prier Dieu avec l'aide du Saint Esprit en nous, de l'Esprit de Jésus ressuscité qui habite notre vie :

Nous prions : « Seigneur Jésus, lorsque nous mangerons le pain ensemble et boirons le vin à la Sainte Cène, fais prier à nouveau en nos cours et chanter le Saint Esprit, ton Esprit de résurrection. Pour que nous recevions ta merveilleuse présence qui nous accueille tous à ta table. Que nous recevions ce cadeau d'amour que le Père nous fait en « donnant au monde son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais qu'il ait la vie éternelle ». Justifiés par la foi, nous sommes en paix, dans la paix du Dieu d'amour.

Oui, Seigneur Jésus, sois au milieu de nous, toi qui as dit: « Je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde ». Et que le Saint Esprit de Dieu, ton Esprit de résurrection, nous ressuscite maintenant. Amen.

Samuel SAHAGIAN

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