Prédication
du 16 octobre 2005

Rendez à Dieu ce qui est à Dieu - Marc 22, verset 21

En entendant ce texte de l’Evangile de Matthieu, nous avons tendance à garder en tête cette phrase " rendez à César ce qui est à César " (Matthieu 22,v 21) comme un proverbe qui nous rappelle qu’en ce moment c’est la période des impôts ! La taxe foncière pour ceux qui ont la chance d’être propriétaire, la taxe d’habitation accompagnée cette année de la redevance télé, la CSG pour décembre, etc. Mais ce matin, nous sommes appelés à penser à autre chose qu’aux impôts ! Ce matin nous allons parler du don. (...).

Le don auquel nous sommes appelés se manifeste de manières diverses et variées.

Donner à Dieu, c’est lui exprimer notre amour, c’est communiquer avec lui, c’est lui traduire notre reconnaissance et notre fidélité. Si nous avons cette attitude, c’est d’abord parce que Dieu est le premier à avoir pris cette initiative du don, en s’offrant à la croix pour nous sauver et nous procurer la vie.

Vous allez penser : " oh, non ! Elle va commencer à nous parler de l’offrande pour la paroisse, de notre participation à la vie de l’Eglise, alors que là, on se demande déjà ce qui va nous rester à la fin du mois après avoir envoyé notre chèque au trésor public ! ".

Et bien, j’entends cela et d’un autre côté, j’imagine déjà notre trésorière ou notre Conseil presbytéral se réjouir en se disant : " chouette, on va atteindre la cible plus facilement si on rappelle à nos paroissiens qu’ils peuvent participer financièrement à tous nos frais ! Surtout qu’il y a le nouveau micro à payer, la facture d’électricité et l’eau des locaux et peut-être allons-nous pouvoir réaliser ce projet de rendre le hall d’entrée plus accueillant, etc. ". Mais finalement, je me sens un peu gênée de vous parler de ça. Ce n’est pas toujours évident de rappeler que l’Eglise a un coût. (...). Depuis la séparation de l’Eglise de l’Etat, toutes les Eglises fonctionnent grâce aux dons de leurs fidèles. Ces dons servent à régler les différentes factures, à entretenir les bâtiments, à payer les prêtres et les pasteurs. Vous savez peut-être qu’en Allemagne par exemple, il existe un impôt spécifique pour ceux qui déclarent appartenir à une Eglise. Cet impôt est calculé en fonction des revenus des uns et des autres, si bien qu’on assiste à un dépeuplement des paroisses, plus personne n’ose dire qu’il est croyant, plus personne n’affirme sa foi ou alors de manière clandestine. Je trouve pour ma part cela très triste, c’est comme si nous vivions encore au temps du " désert " où les cultes étaient célébrés dans la clandestinité, à l’abri du regard de l’Etat. Mais aujourd’hui, en France et dans l’Eglise Réformée, je vous assure que celle-ci n’oblige personne à donner de l’argent à chaque culte. Ici, vous avez le droit de ne pas vouloir ou pouvoir donner, tout comme vous êtes libre de le faire, sans contrainte, mais avec joie comme nous le rappelons lors de l’offrande.

Nous sommes invités à prendre part à la vie spirituelle, cultuelle et matérielle de notre Eglise.

Nous sommes encouragés à mettre au service des autres les dons que nous avons reçus.

Donner est un acte chrétien par excellence : un acte de foi, un acte de solidarité, un acte bâtisseur. Donner quelque soit le montant ou la forme de notre don en fonction de nos moyens ou de notre disponibilité, devrait être une évidence exécutée dans la joie intérieure, avec sincérité et conviction.

Dans les semaines à venir, nous n’oublierons pas de " rendre à César ce qui est à César " , mais nous sommes aussi appelés à ne pas oublier de " rendre à Dieu ce qui est à Dieu ".

Amen.

Aurélie KOENIG


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